Article épinglé

mardi 12 avril 2011

Quel chef a remporté le premier débat?


La Presse, Stephen Harper solide, Forum, mercredi le 13 avril 2011, p. A31.
La Presse Débats, cyberpresse, mardi le 12 avril 2011. 

Aucun coup fatal
Comptabiliser les points marqués de part et d’autre ne sert à rien. On ne gagne pas un débat, on le perd. Et qui avait le plus à perdre? Stephen Harper. À la suite de ce débat, combien d’électeurs anglophones migreront du Parti conservateur vers le Bloc? Aucun. Vers Le NPD? Très peu. Vers les libéraux ? Hum…! Pour que ce premier débat puisse faire une différence chez l’électorat anglophone, il aurait fallu que le duel Ignatieff-Harper se solde par une mise hors de combat d’un des protagonistes. Ce ne fut pas le cas. On a vu un Stephen Harper, attaqué de toutes parts, garder son calme et donner l’image d’un premier ministre en contrôle. Difficile à démonter, il aura réussi à consolider ses acquis dans l’électorat. Michael Ignatieff aura été agressif par moment, mais trop souvent hésitant et terne dans ses répliques. Jack Layton, posé et  sympathique, aura surtout réussit à ébranler M. Ignatieff. Quant à Gilles Duceppe, il souffre d’un insurmontable déficit de crédibilité au Canada anglais. Pour tout dire, les vrais perdants sont tous les Canadiens : un débat ennuyant et sans aucun rebondissement. Heureusement qu’il y a du hockey jeudi!

vendredi 8 avril 2011

Auto électrique: objectif réaliste?

Pierre Simard
La Presse Débats, cyberpresse, vendredi 8 avril 2011.

Pour une poignée de convaincus
C’est pour compenser le coût prohibitif et les désavantages de ces voitures que le gouvernement est obligé de les subventionner. Même si le prix est un facteur déterminant dans l’achat d’un véhicule, ce n’est pas le seul aspect pris en considération par les consommateurs.

Pour l’instant, et vraisemblablement pour plusieurs années encore, ce type de véhicule comporte d’importantes limites en termes d’autonomie et d’utilisation. Peu de consommateurs ont la capacité ou la volonté de restreindre leurs déplacements, de se lancer à la recherche d’une borne de recharge et de sacrifier plusieurs heures à la dite recharge… même avec une subvention.

Si les consommateurs tendent peu à peu à intégrer les enjeux environnementaux lors de l’achat d’un véhicule, il reste que cette subvention n’a d’intérêt, pour l’instant, que pour une poignée de consommateurs convaincus des enjeux environnementaux. Ce n’est pas cette subvention qui permettra à ce marché d’accaparer 25 % des ventes de nouveaux véhicules au Québec. C’est plutôt le développement technologique, c’est-à-dire la capacité de l’industrie à produire des véhicules fiables, utiles, et ce, à un prix compétitif. En attendant, le gouvernement Charest se sert de l’argent des contribuables pour satisfaire quelques « verts » qui, de toutes façons, auraient privilégié ce type de véhicule avec ou sans subvention.

lundi 4 avril 2011

L'approche libérale est-elle bonne?


Pierre Simard
La Presse Débats, Cyberpresse, lundi le 4 avril.

LES ENTREPRISES PAIERONT-ELLE PLUS?
Augmenter l’impôt des entreprises pour financer différentes mesures sociales plaira sûrement à la gauche politique et aux syndicats. Le message du Parti Libéral est simple : nous ferons payer les riches entreprises. Paieront-elles vraiment plus? Ça dépend!

On le sait, les abris fiscaux et les subventions aux entreprises se chiffrent en milliards de dollars au Canada. Ce que le gouvernement prend dans une poche, il le remet aux entreprises de son choix par des subventions, des crédits d’impôt ou des privilèges de toutes sortes.

Évidemment, le Parti Libéral pourrait financer ses mesures sociales en réduisant la panoplie d’avantages accordés aux entreprises, ce qui permettrait de réduire les distorsions que ces privilèges engendrent sur les marchés. Pourquoi ne le propose-t-il pas? Parce qu’il n’y a rien de plus payant politiquement que de « débarquer » dans un comté avec un chèque, une garantie de prêt ou un contrat sans appel d’offres. Parlez-en aux dirigeants de la Davie Shipbuilding qui ont réussi à glaner 538 millions $ d’aide gouvernementale pour réaliser un contrat de 592 millions… contrat duquel il n’est sorti aucun bateau! Je parierais qu’ils s’en foutent, eux, de la promesse de M.Ignatieff.

jeudi 31 mars 2011

Quels débat des chefs?

Pierre Simard
La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 31 mars 2011

Un duel sur les grands enjeux  
On sait que les citoyens sont généralement victimes d’ignorance rationnelle; qu’ils consacrent peu de temps et dépensent peu d’énergie à éclairer leur décision de voter pour un parti plutôt qu’un autre. Puisqu’ils savent que leur vote a peu de chance d’influencer le résultat électoral, ils ont tendance à minimiser leur investissement en recherche d’information politique. Pour s’informer, ils s’en remettent la plupart du temps aux médias. Aussi, le débat des chefs peut apporter une contribution significative à la démocratie s’il permet aux électeurs d’en connaître davantage sur les partis politiques et leurs programmes.

Si un débat classique réunissant tous les chefs peut sembler à prime abord plus démocratique que le duel, l’expérience nous a montré que cette formule incite les protagonistes à s’en tenir à des clichés et à des généralités. Dans cette perspective, un duel Harper/Ignatieff forcerait les seuls aspirants au pouvoir à étayer leurs positions sur les grands enjeux auxquels font face les Canadiens. Évidemment, quelle que soit la formule, tout ça n’est aussi que mascarade. Comme le disait Coluche : « Il y a des politiciens qui, pour briller en société, mangeraient du cirage. »




mardi 22 mars 2011

Réagissons... avant de n'avoir que "l'impôt sur les os"!

Pierre Simard
Journal de Québec, Opinion, mardi 22 mars 2011 p.17.
La Presse, Cyberpresse, vendredi 25 mars 2011.

Au Québec, le jour du budget s’assimile de plus en plus au jour du cochon… du cochon de contribuable. On parle évidemment de cet événement printanier où le ministre des Finances se travestit en champion de la « rationalisation » et nous présente un budget qui conduira inévitablement à un alourdissement du fardeau fiscal et de la dette.

Depuis deux ans, nous avons eu droit à une flopée de nouveaux impôts (taxes et tarifs). Malgré ces entrées de fond, les pouvoirs publics sont incapables d’équilibrer le budget. Comment contrer cette tentation perpétuelle des gouvernements de prélever toujours plus d’impôt et d’entretenir les déficits continuels? Présentement, il n’existe aucune disposition constitutionnelle ou de loi statutaire qui discipline nos élus. Le temps est peut-être venu d’imiter nos voisins américains et d’imposer des contraintes rigoureuses au pouvoir des parlements de taxer et de dépenser.

jeudi 17 mars 2011

Droits de scolarité: hausse justifiée?

Pierre Simard
La Presse Débats, cyberpresse, 17 mars 2011.

Responsabilisation des étudiants
Les études universitaires sont d’abord et avant tout un investissement privé. Le diplômé universitaire gagnera en moyenne un salaire beaucoup plus élevé que l'individu moyen. Est-ce normal de faire payer cet investissement par tous les contribuables? Est-ce normal de subventionner tous les étudiants, y compris ceux issus d’un milieu socioéconomique aisé? Non!

jeudi 10 mars 2011

Les bons et les mauvais politiciens!

Pierre Simard
Journal de Québec, 10 mars 2011, Lettre du jour, p.19.

Il existe deux catégories de politiciens : les « bons » et les « mauvais ». De toute évidence, les Québécois préfèrent les « mauvais ».

On le sait, le gouvernement ne crée pas de richesse, il la distribue. Aussi, le « bon » politicien s’assure que ses décisions rapportent plus qu’elles ne coûtent à la société. Il améliore le bien-être global de la société lorsque les avantages retirés par ceux qui profitent de ses largesses sont supérieurs aux pertes de ceux qui en paient la facture. À l’inverse, le « mauvais » politicien met de l’avant des politiques sans regarder à la dépense.

Le problème, voyez-vous, c’est que notre système politique nous conduit la plupart du temps à élire les « mauvais » politiciens plutôt que les « bons ». Je m’explique!