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jeudi 5 février 2026

Retour des fonctionnaires au bureau : qui paie vraiment l’addition ?

Le retour obligatoire des fonctionnaires fédéraux en présentiel est présenté comme une mesure pour améliorer la productivité. Officiellement, il s’agit de renforcer la cohésion entre employés et d’offrir des services « plus efficaces » aux citoyens. Dans les faits, c’est surtout une décision politique où les « décideurs » en tirent les bénéfices, pendant que les « exécutants » en supportent le coût.

Regardons les faits. Pour les employés, les coûts explosent : temps et frais de transport, repas à l’extérieur, stress et fatigue accumulés. La flexibilité et la productivité individuelle, elles, sont ignorée dans l'opération. Pendant ce temps, ministres et gestionnaires se frottent les mains. Avoir tout le monde sur place leur permet de renforcer leur visibilité, de justifier des budgets de bureaux faramineux et surtout d’affirmer leur contrôle sur la machine bureaucratique.

Et on ne parle même pas des cafés et restaurants du centre-ville. Par la magie des retombées économiques, le retour au bureau fait grimper le chiffre d’affaires local, ce qui, curieusement, permet d’oublier que l’argent ne tombent pas du ciel et que les dépensent occasionné par ce retour au travail sont des sommes que les employés ne pourront dépenser ailleurs dans l’économie. 

Reste que le politicien jubile! D'un coup de baguette réglementaire, il donne une impression de sérieux, rassure et envoie le message que tout va bien dans le pays.Voilà d'ailleurs un exemple parfait où les bénéfices se concentrent une fois de plus entre les mains de quelques groupes privilégiés, tandis que les coûts pèsent sur les épaules des employés et des contribuables. 

La morale est claire : dans l’administration publique, comme ailleurs, le pouvoir et les intérêts particuliers pèsent souvent plus que le bien commun.

jeudi 29 janvier 2026

IVAC : l’argent public ne tombe pas du ciel

Un texte publié aujourd’hui par Radio-Canada met en lumière un malaise qu’on ne peut ignorer. On y apprend que des pharmaciens, dans le cadre du régime de l’IVAC, ont pu facturer des honoraires injustifiables. Pour nombre d'entre eux, quand c’est l’État qui paie, c'est le buffet à volonté.

Rappelons une chose bien simple : l’argent de l’IVAC ne tombe pas du ciel. C’est l’argent des contribuables. De ton argent, du mien, envoyé à l’État dans l'espoir qu’il soit utilisé correctement.

Je ne remets pas en question l’existence de l’IVAC. Aider les victimes d’actes criminels, c’est normal, c’est même essentiel. Le problème, c’est que lorsque c'est l'État qui paie, plus personne ne regarde vraiment la facture.

Dans le privé, les choses sont simples. Quand une entreprise ou un particulier paie, on vérifie. On pose des questions. On compare les prix. Chaque dollar compte. Mais quand la facture est envoyée à l’État, la dynamique change. Le payeur devient abstrait. Et dans ce contexte, certains se sentent libres de piller la caisse commune.

Bien sûr, toutes les personnes qui fournissent des services à l'État ne sont pas malhonnêtes, loin de là. Mais certains ont vite compris qu’il y avait peu de risques à gonfler leurs factures, puisqu’ils ont peu de chances de se faire prendre la main dans le sac.

En effet, le fonctionnaire qui traite les factures ne sort pas d’argent de sa poche. Son objectif, bien souvent, est de fermer le dossier, de réduire la paperasse, d’éviter les plaintes. Refuser une facture ou demander des explications prend du temps et complique les choses. Approuver, c’est plus rapide.

On se retrouve donc avec un laisser-aller généralisé : des petites décisions prises trop vite, des factures pas assez vérifiées, et au bout du compte, une grosse facture collective.

Tant que l’argent public sera traité comme n’appartenant à personne, ce buffet à volonté continuera – et c’est nous, les contribuables, qui en paierons la note.

mercredi 28 janvier 2026

La souveraineté mérite mieux que des métaphores creuses

Paul Saint-Pierre Plamondon accuse Marc Carney de réécrire l’histoire. Mais dans sa réplique, il fait exactement ce qu’il lui reproche: il caricature. En décrivant les Québécois comme des « esclaves du fédéral », le chef du PQ ne corrige rien. Il dérape!

L’esclavage n’est pas un mot qu’on agite pour faire joli dans une conversation. C’est la négation de la liberté, de la dignité et des droits. Or, le Québec a un gouvernement élu, des institutions démocratiques, un pouvoir fiscal important et la liberté de débattre... y compris de son indépendance. Appeler ça de l’esclavage, ce n’est pas une opinion, encore moins un argument : c'est au mieux l'exagération d'un politicien en mal de spectacle.

Parler d'esclavage n’a qu’un objectif : choquer pour mobiliser. Transformer un débat politique complexe en indignation morale afin d’éviter une discussion de fond. On ne discute pas des limites concrètes du fédéralisme canadien, on suggère qu’y rester serait moralement indéfendable. C'est peut-être efficace pour rallier la base péquiste, beaucoup moins pour séduire ceux qui hésitent à adhérer à l’option.

Le plus ironique, c’est que PSPP se présente comme le défenseur de la rigueur historique. Pourtant, il instrumentalise l’histoire au lieu de l’éclairer. Il ne cherche pas à nuancer, mais à imposer son propre récit. 

À force d’utiliser des images extrêmes, on finit par appauvrir le débat public. Le fédéralisme canadien mérite d’être critiqué sur des bases concrètes : les compétences, les pouvoirs, la langue, la culture, les choix économiques. Ces critiques existent. Elles sont sérieuses. Elles n’ont pas besoin d’être travesties en récit de servitude.

Au final, le problème n’est pas que PSPP critique le fédéralisme, c’est son rôle. Mais après avoir reproché au milieu culturel québécois sa "vacuité intellectuelle" et son "aplatventrisme", voilà qu’il cherche à nous convaincre qu'on vit dans l’« esclavage ». À mon sens, le fédéralisme se détériore moins rapidement que le jugement du chef du PQ.