Carney à Davos : la solitude d'un Québec indépendant.
Mark Carney ne mâche pas ses mots à Davos. Son message est clair : dans un monde dominé par les grandes puissances, la solitude est un luxe que peu de pays peuvent se permettre. Bien que son discours s’adresse d’abord aux nations de taille moyenne, il porte aussi un message indirect pour les indépendantistes québécois.
La question n’est pas idéologique. Il ne s’agit pas d’un débat sur l’identité québécoise ou sur la place du français à Montréal. Il s’agit simplement de rappeler que lorsque des leaders puissants imposent leurs décisions, ce ne sont pas les principes qui font la différence, mais la capacité concrète à se défendre. Comme le résume Carney à Davos : « Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu. »
Même le Canada, avec son appareil militaire, économique et diplomatique respectable, a du mal à se défendre seul face aux grandes puissances sans le soutien de ses alliés. Pour un Québec indépendant et isolé, cette vulnérabilité serait encore plus grande : il perdrait le poids collectif des provinces et l’accès aux alliances internationales, qui prennent des années à se construire, mais sont essentielles pour négocier, influencer et se protéger.
Le fédéralisme canadien joue ici le rôle de bouclier indispensable, renforcé par les alliances mondiales (ONU, OTAN, G7) qui amplifient la voix du pays et offrent un filet de sécurité qu’aucune province seule ne pourrait garantir.
Se séparer, c’est s’exposer à la perte de ce bouclier. Même si un référendum sur l’indépendance aboutissait à un « oui », rien ne garantit que le Québec serait immédiatement reconnu par les alliés du Canada ou accepté dans les institutions internationales. La souveraineté ne se limite pas à un vote référendaire : elle dépend aussi de la reconnaissance et de la crédibilité sur la scène internationale.
Il ne s’agit pas d’une attaque contre le rêve indépendantiste. Cela nous rappelle simplement que la liberté politique a un prix, et que ce prix peut être la vulnérabilité face à ceux qui détiennent les leviers du pouvoir. La force ne découle pas seulement de l’idéalisme, mais de la solidarité et de la masse critique.
Si le Québec aspire à peser sur la scène mondiale, il doit comprendre ce que signifie réellement être seul. Parce qu’en géopolitique, comme dans la vie, l’isolement n’offre aucune protection.