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dimanche 18 janvier 2026

L’hypocrisie calculée : droits de la personne et commerce avec la Chine

Le Canada aime se présenter comme un défenseur des droits humains. Ottawa a dénoncé la répression des Ouïghours, l’érosion des libertés à Hong Kong ou les arrestations arbitraires en Chine. Pourtant, lors du récent voyage du Premier ministre Carney, ce discours moral a cédé le pas au pragmatisme économique.

Certains parlent de double langage, voire d’hypocrisie. Cette hypocrisie s’explique facilement : nos politiciens aiment défendre les droits de la personne… tant que cela ne leur coûte rien. Dès que des intérêts économiques majeurs entrent en jeu (comme l’accès au marché chinois) ces principes deviennent négociables.

Ce comportement de notre premier ministre n’est pas une nouveauté en soi. Rappelons que les États-Unis, notre principal partenaire commercial, n’ont jamais été un modèle de respect des droits de la personne. La crise de Minneapolis, la mort de George Floyd et les récentes violences policières montrent que les droits fondamentaux y sont souvent bafoués. Pourtant, personne n’a exigé que le premier ministre canadien aille à la Maison-Blanche sermonner le président américain en menaçant de rompre nos relations commerciales.

Nos élus agissent selon ce qui est politiquement rentable. Les gains du commerce avec la Chine sont tangibles et concentrés pour certains groupes de Canadiens, tandis que les coûts moraux (perte de crédibilité et empathie envers les étrangers) sont diffus et rarement visibles. Or, c’est le pragmatisme économique et non le discours moral qui permet de gagner des élections. 

Quant aux droits de l’homme, ils restent un slogan séduisant… tant qu’il reste gratuit.