IVAC : l’argent public ne tombe pas du ciel
Un texte publié aujourd’hui par Radio-Canada met en lumière un malaise qu’on ne peut ignorer. On y apprend que des pharmaciens, dans le cadre du régime de l’IVAC, ont pu facturer des honoraires injustifiables. Pour nombre d'entre eux, quand c’est l’État qui paie, c'est le buffet à volonté.
Rappelons une chose bien simple : l’argent de l’IVAC ne tombe pas du ciel. C’est l’argent des contribuables. De ton argent, du mien, envoyé à l’État dans l'espoir qu’il soit utilisé correctement.
Je ne remets pas en question l’existence de l’IVAC. Aider les victimes d’actes criminels, c’est normal, c’est même essentiel. Le problème, c’est que lorsque c'est l'État qui paie, plus personne ne regarde vraiment la facture.
Dans le privé, les choses sont simples. Quand une entreprise ou un particulier paie, on vérifie. On pose des questions. On compare les prix. Chaque dollar compte. Mais quand la facture est envoyée à l’État, la dynamique change. Le payeur devient abstrait. Et dans ce contexte, certains se sentent libres de piller la caisse commune.
Bien sûr, toutes les personnes qui fournissent des services à l'État ne sont pas malhonnêtes, loin de là. Mais certains ont vite compris qu’il y avait peu de risques à gonfler leurs factures, puisqu’ils ont peu de chances de se faire prendre la main dans le sac.
En effet, le fonctionnaire qui traite les factures ne sort pas d’argent de sa poche. Son objectif, bien souvent, est de fermer le dossier, de réduire la paperasse, d’éviter les plaintes. Refuser une facture ou demander des explications prend du temps et complique les choses. Approuver, c’est plus rapide.
On se retrouve donc avec un laisser-aller généralisé : des petites décisions prises trop vite, des factures pas assez vérifiées, et au bout du compte, une grosse facture collective.
Tant que l’argent public sera traité comme n’appartenant à personne, ce buffet à volonté continuera – et c’est nous, les contribuables, qui en paierons la note.