samedi 8 janvier 2011

Les loups!

Pierre Simard
Journal de Québec, samedi le 8 janvier 2011, p.19
Journal de Montréal, mercredi le 12 janvier 2011, p.26

Ça y est, la période prébudgétaire est amorcée. Celle ou les syndicats, les corporations professionnelles et autres groupes d’intérêt se disputent la richesse des autres. La période des loups!

On peut diviser notre société en deux catégories : les producteurs de richesse (les travailleurs, les entrepreneurs) et les bénéficiaires de faveurs publiques. Désolé, mais les politiciens ne créent pas de richesse: ils ne font que redistribuer celle des citoyens. Et la perspective d’un budget, ça excite les prédateurs de fonds publics.


Chaque année, les meutes s’activent pour s’attirer les faveurs du gouvernement. Ils hurlent, grognent et gémissent pour avoir leur part des fonds public. On ne se fait pas de quartier. La tarte, c’est la tarte… et quand on se la partage, les bénéfices des uns entraînent des pertes pour les autres. La politique est un jeu à somme nulle. On ne crée rien, on lutte pour s’approprier le butin. Et encore!

Si au moins toutes ces ressources étaient simplement déplacées des poches du contribuable vers les groupes d’intérêts. On pourrait alors se consoler en se disant que le malheur des uns fait le bonheur des autres; que certains en profitent alors que d’autres en sont victimes; qu’en bout de ligne, notre richesse globale n’est pas affectée et que tout ça s’annule. Malheureusement, il n’en est rien. On perd tous au change.

Vous voulez savoir pourquoi? Chaque année, lors du budget, le gouvernement annonce la liste des gagnants à la loterie des fonds publics. Dans les mois qui précèdent, les groupes de pression s’activent et dépensent des sommes considérables pour s’attirer les faveurs de l’État.

On ne lésine pas sur l’investissement : publicité, manifestation, conférence de presse, lobbying. On y affecte une légion de spécialistes pour planifier, organiser, défendre et faire le suivi de sa propagande. Il s’agit d’argent qu’on dépense exclusivement pour séduire les politiciens et les bureaucrates.

Chaque année, cette course aux fonds publics engouffre des millions et des millions de dollars. Des ressources, souvent puisées à même les subventions reçues, qu’on détourne d’un emploi productif vers des activités essentiellement politiques. Autant de ressources qui auraient pu servir à produire de la richesse ou à aider les démunis, mais qui sont diluées en pure perte. Quel gaspillage!

À l’approche du prochain budget, les syndicats sont inquiets. Des simples payeurs de taxes et des « RLQuistes » veulent contingenter la chasse au trésor public. Une « chef » de meute s’inquiétait d’ailleurs qu’une inquiétante et dangereuse « droite » profite du cynisme ambiant pour menacer les acquis des québécois.

Hum… Mme Claudette n’a sans doute jamais calculé ce que nous coûtait la protection de ses propres acquis. Le temps est peut-être venu d’empêcher les loups d’entrer dans la bergerie!



Le Journal de Quebec
08 janv. 2011
Ça y est, la période prébudgétaire est amorcée. Celle ou les syndicats, les corporations professionnelles et autres groupes d’intérêt se disputent la richesse des autres. La période des loups! On peut diviser notre société en deux catégories : les...lisez plus...