Article épinglé

lundi 16 septembre 2013

Vendre le droit d'immigrer au Québec

Vincent Geloso et Pierre Simard, Huffington Post, 16 septembre 2013.
 
Alors que le Québec est divisé sur la taille des symboles religieux à afficher, on semble oublier la vraie question : comment favoriser l’intégration harmonieuse des nouveaux arrivants?

Le processus d’intégration
Pour les nombreux économistes qui ont abordé ce sujet, l’intégration des immigrants dépend généralement de l’ampleur des incitations à participer à la vie économique d’une société (au marché du travail en particulier). C’est ainsi que les historiens économiques expliquent l’intégration réussie des canadiens-français aux États-Unis depuis le 19e siècle
Les économies qui, au contraire, protègent les emplois et compliquent l’accès des nouveaux arrivants au marché du travail – tout en offrant un filet social qui décourage le travail – favorisent le confinement socio-économique des minorités. La marginalisation des immigrants en France depuis les années 1970 en est un bon exemple. 
Lorsqu’une telle marginalisation se produit, les valeurs, mentalités et attitudes des minorités marginalisées risquent de se construire en opposition à celles de la société d’accueil. Il en résulte nécessairement des tensions sociales qui fragmentent la société. 
En examinant les données, on constate que le Québec peine à intégrer ses immigrants. Ces derniers présentent des taux de chômage et de pauvreté supérieurs aux autres provinces et un taux d’emploi plus bas qu’ailleurs au Canada. Si on veut favoriser l’intégration, il faut absolument faciliter l’accès au marché du travail. On pourrait par exemple assouplir les lois du travail et alléger le fardeau réglementaire et fiscal des entreprises pour qu’elles puissent investir et créer des emplois.
Bien que ces mesures pourraient contribuer à solutionner le problème de l’immigration, elles ne règlent pas entièrement le problème. Il faut aussi être capable de choisir les immigrants qui désirent le plus s’intégrer à leur société d’accueil.
Vendre le droit d’immigrer
Présentement, le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles crée ses propres grilles de sélection, une approche qui n’est pas nécessairement la plus efficace. En fait, il est possible de pousser les immigrants les plus désireux de s’intégrer à révéler cette volonté en vendant le droit d’immigrer. L’idée vient de Gary S.Becker (prix Nobel d’économie 1992) qui l’a proposé aux Américains et aux Britanniques.  
Supposons qu’on exige 20 000 $ pour le droit d’immigrer sur notre territoire de tous ceux qui satisfont à des conditions minimales (le demandeur n’est pas atteint d’une grave maladie, d’un passé terroriste ou criminel, etc.). On peut présumer que ceux qui seront disposés à assumer cette charge auront les dispositions et la volonté de s’intégrer à notre société.
Cette tarification aurait pour résultat d’attirer des immigrants prêts à maximiser leurs chances de réussite : ils seraient motivés à apprendre notre langue, à partager nos valeurs et à enrichir le Québec avec les leurs.  En somme, cette politique permettrait au Québec d’admettre 10 000 ou 100 000 immigrants – peu importe le nombre, puisqu’il s’agirait tous d’immigrants désireux de s’intégrer et de participer à la vie québécoise.  
Une telle mesure pourrait s’accompagner d’un programme de prêts aux nouveaux arrivants (qu’il serait possible de rembourser par des retenues à la source par exemple). Quant aux immigrants déçus de leur choix, il suffirait de faire en sorte que le permis d’immigration soit « revendable ». Ainsi, l’immigrant déçu pourrait récupérer son investissement et retourner dans son pays d’origine sans s’être appauvri pour toujours. Un tel marché serait similaire à celui proposé afin de limiter les émissions polluantes.

Une mesure sans effets
La fameuse charte des valeurs québécoises ne produira probablement pas d’effets importants et mesurables sur l’intégration des nouveaux arrivants (tout comme le multiculturalisme à la britannique ou le républicanisme à la française). Une plus grande accessibilité au marché du travail et la vente de permis d’immigration seraient bien plus efficaces. Tout le reste n’est que baragouinage politique au profit d’intérêts électoralistes qui ne favorise en rien l’adhésion des immigrants aux soi-disant valeurs québécoises.

mercredi 11 septembre 2013

Approuvez-vous le projet de charte des valeurs québécoises?


La Presse.ca, La Presse Débats, 11 septembre 2013.
Le ministre Bernard Drainville vous a-t-il convaincu que l'adoption d'une charte des valeurs québécoises était souhaitable? Quels éléments du projet approuvez-vous ou désapprouvez-vous?
OÙ S'EN VA-T-ON AVEC CETTE CHARTE ?
Le gouvernement a finalement annoncé les lignes directrices de sa fameuse charte. Sans surprise, l'adoption de balises pour régler les demandes d'accommodements raisonnables réconcilie la plupart des analystes. Par contre, l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour le personnel de l'État continue de diviser le Québec. Sur ce dernier aspect, un élément de la proposition Drainville me laisse particulièrement songeur. La charte des valeurs sera assortie d'un droit de retrait pour les universités, les hôpitaux, etc. Même s'il s'agit d'une mesure transitoire, on peut anticiper que plusieurs institutions utiliseront ce droit de retrait pour se différencier de la concurrence: histoire d'attirer une nouvelle clientèle ou de recruter de nouveaux employés réticents à se dépourvoir de leurs signes religieux. En conséquence, les citoyens choisiront de fréquenter les institutions qui satisfont le mieux leurs préférences. Il faut donc s'attendre à ce que cette clause favorise l'émergence d'une mosaïque d'organisations où les citoyens seront à même de choisir celle qui leur convient... pour un temps du moins. Le paradoxe, c'est que si d'un côté, cette charte permet de satisfaire les préférences variées des citoyens, elle favorisera une certaine ghettoïsation des nouveaux arrivants. Ce qui va à l'encontre des visées du gouvernement. Voilà qui me laisse croire qu'on ne sait pas très bien où on s'en va avec cette charte.

mardi 3 septembre 2013

Les États-Unis devraient-ils attaquer la Syrie ?


La Presse+ et La Presse.ca, La Presse Débats, mardi le 3 septembre 2013.
Une intervention militaire des États-Unis s'impose-t-elle en Syrie si le régime Assad a eu recours aux armes chimiques contre son peuple? Que devrait faire le Canada ? Le président Obama a-t-il raison de demander l'appui du Congrès avant de lancer une attaque?
L'ERREUR DE L'IRAK
Le conflit syrien ne menace en rien la sécurité nationale des États-Unis. Pourquoi devraient-ils intervenir en Syrie? Sûrement pas pour renverser Bachar al-Assad afin de mettre en place un régime qui lui serait plus sympathique. Pour dissuader l'utilisation d'armes chimiques contre les rebelles? Je veux bien! Toutefois, si on a pu confirmer que des armes chimiques ont bel et bien été utilisées, les preuves y associant le gouvernement syrien sont plus fragiles. C'est vrai que la France prétend les posséder et que les agences de renseignements américaines estiment que l'implication du régime en place est très probable. Jusqu'ici, cependant, aucune des preuves rendues publiques n'a réussi à convaincre la communauté internationale. Le danger qui guette les États-Unis serait de répéter l'erreur de l'Irak et d'aller mener une guerre sur la foi de ragots. Seule une preuve convaincante que le gouvernement syrien est responsable de ce crime humanitaire ralliera les 188 pays signataires de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. D'ici là, les tractations politiciennes des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne divertissent peut-être la planète, mais ne légitiment en rien une intervention en Syrie.

dimanche 1 septembre 2013

La charte des conflits



La fameuse charte visant à baliser nos libertés religieuses soulève des rivalités. Rien de surprenant ! Chaque fois que l’État s’investit dans un domaine d’activité, la chasse à la rente politique s’active. Cette fois cependant, les conséquences pourraient s’avérer dangereuses pour le Québec.

Dans leur ouvrage The Price of Freedom Denied : Religious Persecution and Conflict in the Twenty-First Century (2011), Brian J. Grim et Roger Finke expliquent que l’intensification des contrôles exercés par l’État sur les libertés religieuses met en péril la paix sociale. Contrairement à la croyance populaire, les réglementations étatiques n’apaisent pas les conflits entre groupes religieux ; elles les attisent.

En s’appuyant sur une base de données regroupant de l’information sur près 200 pays, et sur l’étude exhaustive de six d’entre eux, les auteurs montrent que l’imposition par l’État de contraintes à la liberté religieuse augmente le nombre de conflits et les cas de minorités religieuses victimes de persécution.

Selon ces chercheurs, c’est la liberté qui favoriserait la paix sociale en matière de religion. Pourquoi ? Parce que la liberté de toutes les religions signifie le pouvoir d’aucunes. Lorsque l’État reconnaît cette liberté, il perd l’autorité de discriminer entre les citoyens aux préférences religieuses différentes. Même les défauts de notre système démocratique se résorbent devant la liberté : une majorité religieuse ne peut tyranniser les religions minoritaires.

Notre liberté de religion est un droit reconnu par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Or, selon le PQ, cette liberté menacerait le Québec. De quoi ? Difficile à dire ! Mais on veut nous convaincre qu’il est urgent d’intervenir pour baliser les demandes d’accommodement religieux.

C’est ainsi que sous prétexte de régler un problème qui, selon la commission Bouchard-Taylor, n’a rien de critique pour la société et n’entrave aucunement le fonctionnement normal de nos institutions, le gouvernement entend préciser dans une charte les pratiques religieuses interdites.

Évidemment, dans un Québec où la religion n’exerce plus d’influence sur le pouvoir politique depuis longtemps, tout le monde aura compris les véritables préoccupations de nos politiciens : ce sont certaines minorités religieuses qui agacent.

Alors, réglementons ! Organisons au préalable un débat social où les religions minoritaires seront une cible facile pour les groupes politiquement puissants. Une proie pour les chasseurs de burqa, de hijab et de turban qui sauront y associer une érosion de l’identitaire québécois pour obtenir les faveurs d’un législateur prétextant se plier aux désirs du peuple. C’est connu, les tyrans de la majorité font toujours consensus… entre eux.
Jusqu’où iront les interdits religieux imposés par cette charte ? On parle, pour l’instant, de prohiber le port de symboles religieux dans les institutions publiques. Mais, il faudra attendre son dépôt pour en savoir plus. Déjà, les catholiques se sont vus garantir certains privilèges : le crucifix de l’Assemblée nationale et certains autres de leurs symboles religieux seraient épargnés. À moins, bien sûr, que ce ne soit qu’une façon détournée de décréter qu’ils seront désormais plus égaux que d’autres en matière de liberté religieuse.

En faisant primer l’idéal collectif de certains groupes d’intérêt sur les droits fondamentaux des citoyens, cette charte risque de regrouper une panoplie de droits et de privilèges arbitraires. La recette parfaite pour attiser les rivalités et pour promouvoir l’adhésion du Québec au club des nations dont les minorités se plaignent de persécution. Bref, une mine inépuisable de conflits sociaux en gestation.

mercredi 21 août 2013

Bannir les symboles religieux?

La Presse.ca, La Presse Débats, mercredi le 21 août 2013 aussi sur La Presse+.

Faut-il interdire le port de symboles religieux dans les institutions publiques, incluant les écoles, les hôpitaux et les garderies ?

Des Québécois identiques
Si l’on en croit les rumeurs, le gouvernement Marois s’apprête à imposer aux employés de l’État un code vestimentaire. Décidément, lorsqu’il est question de s’immiscer dans la vie des citoyens, les politiciens ont l’identitaire commode. Dans une société qui se prétend libre et démocratique, le rôle premier de l’État est de protéger nos libertés individuelles et d’assurer notre sécurité. Son rôle n’est pas de s’immiscer dans la vie des individus, et surtout pas d’adopter une soi-disant charte collective qui servira essentiellement à discriminer entre des citoyens aux préférences individuelles différentes. Le port de symboles religieux est une question de choix personnel. Que l’infirmière me recevant à l’urgence porte un crucifix, fusse-t-il tatoué sur son front, n’a guère d’importance; ça la regarde. Ce qui devrait me préoccuper par contre, ce sont ses compétences – et rien d’autre. Je pourrais comprendre que, pour des raisons de sécurité ou de fraude, on puisse discuter de l’obligation pour un individu de s’identifier. Mais de là à vouloir nous imposer une laïcité sans limites, il y a une marge. En réalité, il n’existe nulle part en démocratie un droit ou un privilège permettant aux politiciens de brimer un quelconque groupe au détriment d’un autre. Sauf peut-être dans le p’tit catéchisme électoraliste péquiste où les Québécois ne doivent plus être égaux, mais identiques.

lundi 8 juillet 2013

Il faut d'abord comprendre


La Presse, Débats, lundi 8 juillet 2013, p.A19. En ligne sur La Presse+.

À la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, quel enseignement peut-on tirer au sujet du transport de matières dangereuses? Pour le transport du pétrole à tout le moins, faudrait-il privilégier les oléoducs? Devrait-on adopter de nouvelles mesures pour le transport de matières dangereuses dans les milieux urbains?

L’émotion est mauvaise conseillère
Le tragique événement de Lac-Mégantic dépasse l’imaginaire. Qui aurait pu penser qu’un train fou, sans conducteur et transportant des matières inflammables, exploserait au beau milieu d’une municipalité? Surréaliste. Si un producteur de film catastrophe vous avait proposé un tel scénario, vous lui auriez probablement reproché son manque de réalisme. Pourtant, c’est la tragédie bien réelle que vit la municipalité de Lac-Mégantic.
Lorsqu’un tel drame se produit, il est normal qu’on s’interroge sur des moyens de prévention pour éviter qu’un tel événement se répète. Les pompiers n’avaient pas encore réussi à approcher du brasier que certains avaient identifié les causes : notre dépendance au pétrole, les normes de sécurité sur le transport des matières dangereuses. D’autres proposaient déjà des solutions : la construction d’un oléoduc et l’adoption du principe de précaution pour mettre un terme à toute nouvelle activité représentant un risque social. Malheureusement, tout n’est pas si simple.
Par définition, les catastrophes sont la plupart du temps impossibles à anticiper. On aura beau mettre un moratoire sur tout nouveau développement, on réalisera très vite que le statu quo n'est pas non plus sans risque. En réalité, il faut éviter de tirer des conclusions sur le coup de l’émotion. Il faut d’abord s’occuper des victimes et, ensuite, se donner le temps de réfléchir. Les périodes de catastrophes sont mauvaises conseillères. 


samedi 22 juin 2013

D’une corruption à l’autre


La Presse, Débats, samedi 22 juin 2013, p.A31. Aussi disponible sur La Presse.ca et sur La Presse+.
 
Le Québec est choqué. Les dénonciations et les accusations de corruption se succèdent à un rythme soutenu. Doit-on s’en surprendre? Hélas non.
Partout dans le monde, il est courant d’apprendre que des élus et fonctionnaires ont bradé l'argent des contribuables à des fins d’enrichissement personnel ou pour en tirer des avantages partisans.
Évidemment, les formes et l’ampleur de la corruption varient d’un pays à l’autre. Il existe cependant une relation étroite entre l’importance de l’État dans l’économie et le niveau de corruption observé.
Comme nous le montre l’indice de perception de la corruption (IPC) de Transparancy International, les pays les moins corrompus sont des pays prospères laissant une grande place à la concurrence et à l'économie de marché. À l'inverse, les pays où on a décelé le plus de corruption se caractérisent par un État omniprésent.
Au Québec, nous sommes théoriquement une économie de marché. En pratique toutefois, l’État s’ingère un peu partout dans notre vie. Nous sommes d’ailleurs les champions nord-américains de l’impôt et des dépenses publiques. Il ne faut donc pas se surprendre que la corruption y fasse des ravages.
Là où le bât blesse, c’est que pour contrer la corruption notre premier réflexe est de réclamer davantage des gouvernements. On demande à celui, qui est le premier responsable de la corruption, de s’ériger en justicier pour assurer notre protection contre les malversations dont il est la source. Comme si davantage d’État et de bureaucratie étaient la solution à trop d’État et de bureaucratie.
C’est ainsi que dans la foulée de la commission Charbonneau et des arrestations de l’UPAC, notre gouvernement a mis en place une série de contrôle et de règlements pour l’octroi des contrats publics. En principe, ce sont maintenant les fonctionnaires de l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui ont la responsabilité de choisir les firmes qui pourront transiger avec nos gouvernements.
Évidemment, nos élus n’ont pu résister très longtemps à réserver ce monopole de décision à des fonctionnaires. Au début du mois de juin, le président du Conseil du trésor annonçait des assouplissements à sa loi. Désormais nos élus auront 60 jours pour infirmer les décisions de l’AMF. En attendant, on aura appris que la loi ne s’appliquait pas à la F1 : une subvention, ce n’est pas un contrat. Comme si verser de l’argent directement à un escroc étranger était plus décent que de signer un contrat avec un escroc local. Enfin…
En réalité, notre lutte contre la corruption risque d’en stimuler une autre. Dans une économie réglementée, on retrouve deux types de corruption. La première, celle qui retient présentement notre attention, consiste à corrompre un décideur public pour se faire octroyer directement un contrat sans passer le jeu de la concurrence. On parle ici d’échange de contrats contre des pots de vin.
Mais il y a aussi une autre forme de corruption qu’il faut anticiper. Celle où un escroc cherchera à corrompre un décideur public pour contourner l’amoncellement de règlements et de contrôles publics implantés pour combattre la première forme de corruption. On échangera alors des autorisations et des certificats de probité contre des pots de vin.
En réalité, il n’y a pas de solutions bureaucratiques à la lutte contre la corruption. La seule façon efficace de la combattre consiste à limiter le pouvoir de nos élus et fonctionnaires. Pour reprendre une formule à la mode, il suffit de séparer la politique de l’économie.

mercredi 12 juin 2013

Souhaitables, les élections à date fixe ?


La Presse.ca, mercredi le 12 juin 2013 - La Presse Débats et La Presse+.

Êtes-vous en faveur d’élections générales à date fixe au Québec? Si c’est le cas, le premier lundi d’octobre tous les quatre ans, tel que proposé par le gouvernement Marois, vous apparaît-il un bon choix ?

Fixe après quatre ans, mais souple dans l’intervalle. Ce projet de loi vise essentiellement à baliser un des privilèges de notre premier ministre. Ce dernier ne pourra plus déterminer la date des élections lorsque le mandat de son gouvernement viendra à échéance. Entre-temps, rien ne sera changé. Le lieutenant-gouverneur pourra toujours dissoudre l’Assemblée nationale et déclencher des élections anticipées. Cette loi n’empêchera donc pas les partis d’opposition de renverser notre gouvernement minoritaire dans les prochains mois. Pas plus qu’une loi du genre n’avait empêché Stephen Harper de déclencher des élections en 2008. Outre l’idée de prévisibilité des élections à la fin d’une législature, il y a peu d’avantages à avoir une loi sur les élections à date fixe. On peut même anticiper qu’une campagne électorale officieuse précédera désormais la campagne officielle qui dure normalement entre 32 et 38 jours. Aux États-Unis, où les élections se tiennent à date fixe, on dit souvent que les campagnes électorales s’étendent sur plusieurs mois. Dans la mesure où les gouvernements ont la fâcheuse tendance à financer leur réélection en dilapidant l'argent public, je ne suis pas certain qu’une campagne électorale de six mois soit une bonne nouvelle pour les contribuables québécois.