Article épinglé

lundi 17 octobre 2011

Occupy Wall Street: définir les revendications.


La Presse Débats, Cyberpresse, lundi le 17 octobre 2011.
Des manifestations contre les dérives du capitalisme financier ont eu lieu dans plus de 1000 villes du monde en fin de semaine. Selon plusieurs observateurs, le mouvement Occupy Wall Street risque de s'essouffler si ses organisateurs ne s'entendent pas sur des revendications spécifiques. Est-ce votre avis? Quelles devraient-être ces revendications, selon vous?
 Karl Marx ne ferait pas le poids
Occupy Wall Street est un mouvement de contestation qui dénonce les abus du capitalisme financier. Ce mouvement dit s’inspirer du printemps arabe et prétend représenter les 99 % de citoyens qui ne tolèrent plus la cupidité de l’autre 1 %, les Wall Street Boys. Jusque-là, pas de problème! Mais que veulent les manifestants au juste? Sur le site internet de l’organisation, on peut prendre connaissance de la liste des demandes proposées par l’un d’entre eux: augmenter le salaire minimum, mettre en place un revenu minimum garanti, instaurer un système de santé publique universel, instaurer la gratuité des collèges et, tenez-vous bien, éliminer immédiatement les dettes individuelles (de tout le monde!). Dès maintenant, il faut accorder un pardon sur les prêts commerciaux, les prêts hypothécaires, les dettes sur les cartes de crédit, les prêts étudiants, etc. Et comme si ce n’était pas assez, il faudrait aussi éliminer les dettes contractées par tous les pays de la planète. Bref, si j’ai bien compris, c’est l’opération grand ménage : on efface et on recommence. En matière de socialisme, Karl Marx lui-même ne ferait pas le poids ! Par hasard, vous n’auriez pas un Wesfalia à vendre ? 

jeudi 13 octobre 2011

Tony Tomassi doit-il démissioner?


La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 13 octobre 2011.
Accusé de fraude et d’abus de confiance, le député et ex-ministre Tony Tomassi devrait-il démissionner ? Mériterait-il d’être destitué par l’Assemblée nationale ? Ou, d’après vous, peut-il continuer de représenter sa circonscription puisqu’il est présumé innocent ?

Que de mauvaises décisions
Le métier de politicien n’est pas facile. Un élu peut être accusé à tout moment, être innocent et, malgré tout, être forcé de démissionner. Pour Tony Tomassi, il n’y a que de mauvaises décisions. Il peut rester en poste en invoquant la présomption d’innocence. Il peut prétexter que la présomption d’innocence est un droit fondamental, qu’une personne est présumée innocente tant et aussi longtemps que sa culpabilité n’a pas été prouvée. Dans ce cas, on peut douter de sa capacité à remplir sa tâche d’élu puisqu'il devra consacrer ses énergies à préparer sa défense, plutôt qu’à représenter les électeurs de sa circonscription. L’autre option qui s’offre à lui est de démissionner. C’en sera alors fini de sa réputation et de sa carrière politique, et ce, même s’il devait être reconnu innocent plus tard. Peu importe sa décision, la pression médiatique ne s’estompera pas. L’affaire se déroule sur fond de collusion et de corruption gouvernementale. Elle pollue encore davantage le climat déjà malsain de l’action politique. Si j’étais à sa place, je démissionnerais. De toute façon, la rumeur veut qu’il ait beaucoup d’amis pour l’aider à se refaire une carrière…

jeudi 6 octobre 2011

Le pont Champlain en PPP?


La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 6 octobre 2011
Question : Le nouveau pont Champlain devrait-il être construit en partenariat public-privé (PPP)?
Et pourquoi pas?
Le gouvernement fédéral affirme avoir une préférence marquée pour un partenariat public-privé (PPP). Et pourquoi pas? Il a utilisé cette formule pour la construction du Pont de la Confédération reliant l’Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick dans les années 1990. Cet ouvrage de 13 kilomètres a été conçu et construit par un consortium du secteur privé. Ce même consortium s’est vu confier l’entretien et l’exploitation du pont pour 35 ans, au terme duquel il le remettra aux autorités fédérales. D’ici là, les revenus de péage lui servent à l’exploiter et à l’entretenir. Le bilan? L’expérience s’est avérée positive : le pont a été construit dans les délais prévus et sans mauvaises surprises pour les contribuables. En préconisant cette formule, le gouvernement a pu partager avec le secteur privé les risques associés à la construction et à l’exploitation d’un équipement collectif de 1 milliard de dollars. 

Plusieurs dénoncent les PPP sous prétexte que l’entreprise privée n’y participe que pour faire de l’argent. C’est vrai! Je dirais même que c’est ce qu’on souhaite : c’est cette soif de profit qui, pour notre bénéfice mutuel, incitera les entreprises à être économes et efficaces dans la construction et l’exploitation du pont. N’est-ce pas mieux que de les voir s’activer à multiplier les gaspillages et à repousser les délais de réalisation pour obtenir des faveurs ou des rallonges contractuelles du gouvernement?

vendredi 30 septembre 2011

Diminution de soins justifiée?


La Presse Débats, Cyberpresse, vendredi le 30 novembre 2011.
La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, dénonce les compressions importantes dans les soins à domicile aux personnes âgées. Des sommes servent à éponger des déficits dans d’autres services ou font les frais des compressions budgétaires, au détriment de personnes vulnérables. Que pensez-vous de cette décision gouvernementale ?
Solution: Les caisses d'épargne santé
Certes, les soins à domicile contribuent au bien-être des personnes âgées. Ils peuvent même prolonger leur espérance de vie. Le problème, c’est qu’avec le vieillissement de la population et l’escalade des frais de santé, il est difficile d’imaginer que le gouvernement puisse subvenir encore longtemps aux besoins de tout un chacun. Que faire alors? Face à l’impossibilité d’offrir à tous les usagers des services gratuits, plusieurs économistes suggèrent de mettre en place des caisses d’épargne santé, une forme de «REER-Santé». L’idée est simple : chacun d’entre nous accumulerait tout au long de sa vie des fonds personnels, à l’abri de l’impôt, pour subvenir à ses besoins de santé futurs. Le fonds appartiendrait à l’individu et il en serait le seul bénéficiaire. Ainsi, à l’occasion d’une dépense de santé, l’individu puiserait d’abord dans ses épargnes cumulées et, advenant que son fonds s’épuise, l’État prendrait la relève avec une assurance de dernier recours.  Au lieu de continuellement se fier à l’État, pourquoi ne pas faire du citoyen le premier responsable de sa santé? Pourquoi toujours compter sur l’État pour subvenir à ses propres besoins?

dimanche 25 septembre 2011

L’incompréhensible mission du CRTC

Le Journal de Québec et Journal de Montréal, Votre Opinion, dimanche le 25 septembre 2011, p.18 JdQ, p24 JdM.

Le CRTC est en mission contre la convergence. Au nom du bien commun (sic), il sera désormais interdit aux Bell, Rogers, Shaw ou Quebecor d'offrir des émissions exclusives à leurs clients internet ou de téléphonie mobile. Les « tsars » du CTRC en ont décidé ainsi. 
Dorénavant, les émissions diffusées à la télévision, incluant les parties de hockey, seront collectivisées. Elles seront disponibles à toute entreprise du web ou de téléphonie mobile selon des modalités dites «équitables et raisonnables». À cela s’ajoutent une série de nouvelles règles ainsi qu’un code de conduite auxquels les entreprises devront se plier. Décidément, la soviétisation de nos géants des télécommunications est en marche.
Pour les planificateurs du CRTC, la convergence est intolérable. Une calamité! Des entreprises dynamiques croissent, innovent, offrent de nouveaux produits, conquièrent de nouveaux marchés et… éliminent ou achètent des concurrents moins efficaces. Quelle aberration! 
La solution? Un moratoire sur l’entrepreneuriat. Vite! Un frein à ce déploiement capitaliste tous azimuts pour protéger le petit, la veuve, l’orphelin… et l’imbécile de consommateur! 
Imaginez : des consommateurs pourraient être obligés de s’abonner à plusieurs chaines ou réseaux ou encore de s’acheter un appareil mobile qui diffuse les matchs de leur équipe de hockey préféré. C’est connu, on achète un iPhone ou on s’abonne à Vidéotron sous la menace de représailles physiques ou mentales… 
C’est sans compter que le bien commun exige qu’on bride les profits potentiels de ces grands conglomérats dépourvus de conscience sociale qui ne travaillent que pour l’argent. En effet, comment peut-on tolérer que des entreprises rivalisent d’ingéniosité pour vendre des services que les gens aiment et pour lesquels ils sont disposés à payer?
Le moment ne pouvait être mieux choisi. Le groupe Quebecor mise sur la convergence pour rentabiliser un retour des Nordiques à Québec. Aussi bien l’informer dès maintenant qu’il devra partager le fruit de ses investissements avec ses concurrents. Une tuile vous dites? Pire que les contestations légales du citoyen De Belleval. 
Vous avez déjà lu « La révolte d’Atlas », d’Ayn Rand? Dans ce bestseller vendu à 10 millions d’exemplaires, des chefs d’entreprises en ont assez de se faire dicter une ligne de conduite par les bureaucrates et décident de tout abandonner et de faire… la grève. Résultat : le pays s’enlise dans l’oisiveté et la pauvreté. 
Et si PKP faisait la grève? Régis devrait louer son amphithéâtre aux bureaucrates du CRTC.  

mercredi 21 septembre 2011

Durcissement des peines justifiés?


La Presse Débats, Cyberpresse, mercredi 21 septembre 2011
Le gouvernement Harper entend adopter un projet de loi omnibus qui prévoit le durcissement des peines d’emprisonnement pour les jeunes contrevenants, les trafiquants de drogue et les prédateurs sexuels. Croyez-vous que ces mesures, dont l’application coûtera 2,7 milliards au cours des cinq prochaines années, sont justifiées compte tenu de la baisse de la criminalité au Canada depuis 10 ans ?
Réparer les dommages aux victimes
Le durcissement des peines d’emprisonnement sont-elles de nature à dissuader les criminels de récidiver? On peut en douter. Certains avancent même que la prison est l’école du crime… Une chose est sûre : avec la proposition des Conservateurs, les victimes devront payer davantage d’impôt pour punir les coupables! C’est comme si notre justice était un système où la victime doit payer, deux fois plutôt qu’une, pour un crime qu’elle a elle-même subi. Plutôt que de chercher à durcir et à rendre les peines automatiques, on pourrait chercher à replacer les victimes au centre du processus judiciaire. Même si on ne peut pas toujours rendre à une victime ce qui lui a été enlevé, la vraie justice ne serait-elle pas de chercher à s’en approcher? Ne serait-il pas préférable de forcer, lorsque c’est possible, les contrevenants à réparer les dommages qu’ils ont causés? Outre les réparations d’ordre financier, les victimes pourraient réclamer d’autres formes de compensation pour les dommages subis : un travail en faveur d’un organisme privé ou communautaire, par exemple. Une justice basée sur la réparation n’est peut-être pas simple à mettre en œuvre, mais contrairement à un système de peine automatique, elle permet d’aspirer à la « juste peine » tout en redonnant aux victimes un peu de ce qu’elles ont perdu.

mardi 20 septembre 2011

La journée internationale de la paix et du… capitalisme!



Vincent Geloso, doctorant à la London School of Economics and Political Science, Londres et Pierre Simard, professeur, École nationale d’administration publique, Québec.   
Le 21 septembre, on fête la Journée internationale de la paix. Profitons-en pour célébrer le principal vecteur de la paix dans le monde : le capitalisme! Vous êtes sceptiques? Et pourtant!
Même si les technologies nous permettent aujourd’hui de suivre en temps réel les conflits qui sévissent un peu partout sur la planète; même si on l’impression de vivre dans un monde toujours plus violent, il n’en est rien. Depuis la seconde guerre mondiale, on observe une importante réduction de la violence et de la fréquence des conflits à l’échelle mondiale.
Selon le Human Security report 2009-2010, le nombre moyen de décès sur les champs de bataille est passé de 596 000 en 1950 à moins de 17 000 en 2007, une tendance qui s’est confirmée avec la chute de l’Union soviétique. D’ailleurs, depuis le début des années 1990, la diminution du nombre de victimes sur les champs de bataille s’accélère. Aujourd’hui, les guerres sont plus localisées et de moindre envergure que par le passé. En outre, les conflits armés affectent une proportion de plus en plus petite de la population mondiale.

jeudi 15 septembre 2011

Collusion: que doit faire le gouvernement?


La presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 15 septembre 2011
Le rapport de l’Unité anticollusion est troublant : les malversations dans l'industrie de la construction ont pris une telle ampleur que le Québec risque une «prise de contrôle de certaines fonctions de l'État» par des acteurs mal intentionnés. Face à ce système corrompu, infiltré massivement par le crime organisé, que devrait faire le gouvernement Charest pour tenter de le briser ? 
Une illusion. 
Pour ou contre une commission d’enquête sur le milieu de la construction? Le débat est relancé. Plusieurs s’imaginent qu’il suffit de faire une enquête publique pour éradiquer les pratiques de collusion entre l’industrie privée, des fonctionnaires et des politiciens. Désolé, mais la commission d’enquête n’est qu’une illusion! Comme je l’écrivais sur cette tribune il y près de deux ans, notre plus grande erreur serait de considérer ces scandales comme des incidents passagers. N’y voir qu’un dysfonctionnement moral affligeant une poignée d’individus. Croire que lorsque les pommes pourries auront été démasquées nous pourrons recouvrer notre «monde parfait» et bénéficier à nouveau de la supériorité morale de nos politiciens et bureaucrates. En réalité, les politiciens et les fonctionnaires sont des individus qui, en dépit de leurs contraintes morales et éthiques, peuvent parfois agir malhonnêtement lorsqu’ils estiment que le bénéfice anticipé de leur crime est supérieur à la probabilité de se faire prendre et d’en payer le prix. Puisqu’il est admis que l'efficacité administrative du secteur public est généralement moindre que celle du secteur privé, on peut présumer qu’il en va de même de son efficacité à contrer les nombreux abus réalisés sur le dos des citoyens. Pourquoi? Tout simplement parce dans le secteur public, l'argent que les politiciens et les bureaucrates gèrent n'est pas le leur. D’où un moindre souci à combattre les abus. De toute évidence, lorsqu'on reconnaîtra que l'État s’avère un foyer propice aux collusions de toutes sortes, il est fort à parier qu’on resserrera les systèmes de reddition de comptes assujettissant nos gouvernements et qu’on implantera des règles pour limiter la part de l'économie qu'on confie au secteur public. D’ici là, commission d’enquête ou non, on devra vraisemblablement se contenter de: «je ne suis pas au courant», «je vais m’informer» et «j’ai demandé à mon ministère d’examiner la question».