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lundi 29 décembre 2025

Donald Trump : un libéral économique ? Pas vraiment.

On présente souvent Donald Trump comme un grand défenseur de la liberté économique. Pour plusieurs, il incarne l’entrepreneur qui a réussi par lui-même, l’homme d’affaires audacieux qui cherche à libérer l’économie de l’emprise de l’État. Cette image, largement entretenue par son discours et par une partie de ses partisans, repose toutefois sur une lecture très superficielle de son action politique. À y regarder de plus près, elle ne tient pas.

Un marché soumis au rapport de force

Avec Trump, il n’est pas question d’un marché fondé sur des règles stables, prévisibles et impartiales. Au contraire, son approche repose sur un rapport de force permanent, où l’économie devient un outil de pression politique. Les règles changent selon l’intérêt du moment, selon les alliances à consolider ou les adversaires à affaiblir. On est loin de l’idéal libéral d’un cadre neutre permettant à tous les acteurs économiques de jouer à armes égales.

Les tarifs douaniers : un pouvoir arbitraire

Prenons l’exemple des tarifs douaniers. Plutôt que de défendre un commerce international fondé sur des règles communes, négociées et respectées, Trump privilégie l’imposition unilatérale de droits de douane. Officiellement, ces mesures visent à « protéger les travailleurs américains ». En pratique, elles servent surtout à concentrer un immense pouvoir discrétionnaire entre ses mains. Il peut ainsi décider qui punir ou récompenser selon ses intérêts politiques du moment.

Cette approche transforme les échanges économiques en instrument de chantage. Les entreprises, les pays alliés et même les partenaires historiques deviennent vulnérables à l’arbitraire présidentiel. Or, un véritable libéralisme économique repose sur la prévisibilité du droit, pas sur l’improvisation stratégique d’un dirigeant.

Les conflits d’intérêts : quand privé et public se confondent

Sous sa présidence, Trump a également brouillé les frontières entre ses intérêts personnels et ses fonctions publiques. Il a continué à tirer profit de ses hôtels, terrains de golf et propriétés, qu’il utilise pour ses activités diplomatiques ou politiques. Il arrive même que des délégations étrangères y soient invitées dans l’espoir implicite d’obtenir des faveurs.

Cette confusion entre sphère publique et sphère privée contredit frontalement les principes de transparence et d’éthique qui devraient encadrer toute économie libérale saine. Quand le pouvoir politique sert d’outil de promotion personnelle, le marché cesse d’être libre.

Liberté économique ou prétexte au pouvoir ?

Certes, Trump applique parfois certaines recettes classiques de la droite économique : baisses d’impôts, déréglementation, etc. Mais ces politiques s’accompagnent d’attaques répétées contre les juges, les médias, les fonctionnaires et les agences indépendantes. Or ce sont précisément ces institutions qui protègent l’équité du marché et limitent les abus de pouvoir.

Sans contre-pouvoirs solides, la « liberté économique » devient un slogan creux. Elle sert moins à favoriser la concurrence qu’à récompenser la loyauté et à punir la dissidence. Dans ce contexte, le marché n’est plus un espace d’opportunités, mais un terrain de contrôle politique.

Une version déformée du libéralisme

À l’image de nombreux dirigeants autoritaires contemporains, Trump invoque le vocabulaire du marché libre tout en rejetant ses fondements. Les juges deviennent des ennemis, les journalistes des obstacles, et les lois des entraves à contourner. Or, la tradition libérale repose précisément sur l’idée inverse : limiter le pouvoir du dirigeant pour protéger les libertés individuelles et l’équité des échanges.

Au final, Donald Trump n’est pas le produit naturel du libéralisme économique, mais bien sa caricature. Il reprend ses mots — liberté, marché, réussite individuelle — tout en en vidant le sens. Ce qu’il propose n’est pas une économie libre, mais une économie soumise à sa volonté.

samedi 13 décembre 2025

Ukraine: à la recherche d'une paix politiquement rentable

Les pressions exercées par Donald Trump sur l’Ukraine afin qu’elle accepte les exigences de Vladimir Poutine sont souvent présentées comme une tentative pragmatique de mettre fin à la guerre. Pour certains, il s’agirait d’un geste de réalisme, voire de courage politique. Pourtant, lorsqu’on prend un peu de recul, une question s’impose : cette approche sert-elle réellement les intérêts des Ukrainiens et des Européens, ou répond-elle surtout à l’agenda politique personnel de Donald Trump?

Pour l’Ukraine, accepter sous pression américaine les conditions imposées par Moscou ressemble davantage à une capitulation qu’à une paix négociée. Les concessions territoriales ou politiques exigées par la Russie ne garantissent en rien la sécurité future du pays. Au contraire, elles risquent de figer l’Ukraine dans une situation de vulnérabilité permanente. L’histoire démontre qu’une paix imposée à un pays agressé, sans garanties solides, ne fait souvent que reporter le conflit à plus tard. Pour les Ukrainiens, l’enjeu est existentiel : il s’agit de préserver leur souveraineté, leur territoire et leur droit à choisir leur avenir.

Les Européens, eux aussi, ont de sérieuses raisons de s’inquiéter. Une paix qui consacrerait les gains territoriaux russes affaiblirait un principe central de la sécurité européenne : l’inviolabilité des frontières. Un tel précédent enverrait un signal dangereux à d’autres puissances autoritaires, suggérant que l’usage de la force peut être récompensé. À moyen et long terme, ce choix pourrait accroître l’instabilité sur le continent et obliger les États européens à investir davantage dans leur défense, à un coût économique et politique bien supérieur à celui du soutien actuel à l’Ukraine.

Pourquoi, alors, Donald Trump insiste-t-il pour une « solution rapide » au conflit? La réponse tient largement à la logique des incitations politiques. Mettre fin à la guerre, peu importe les conditions, est un message simple, percutant et facile à vendre à un électorat américain fatigué des engagements internationaux. Une paix imparfaite est politiquement plus rentable qu’un conflit complexe, long et coûteux, dont les bénéfices stratégiques sont difficiles à expliquer.

Cette approche s’inscrit aussi dans son obsession d'obtenir le Prix Nobel de la paix. Se présenter comme l’homme qui  « arrête les guerres » permettrait à Trump de se forger une image de grand pacificateur sur la scène internationale. Dans cette logique, l’annonce d’un accord compte davantage que sa solidité ou sa durabilité. Les bénéfices politiques sont immédiats et concentrés, tandis que les coûts — instabilité future, sentiment d’injustice, risques sécuritaires — sont diffus et assumés par d’autres.

Un élément clé de cette dynamique est que ceux qui prennent la décision ne sont pas ceux qui en paient le prix. Les électeurs américains favorables au désengagement perçoivent un gain immédiat : moins d’argent dépensé à l’étranger, moins d’implication militaire. En revanche, les Ukrainiens et les Européens supportent l’essentiel des conséquences d’une paix bâclée. Cette dissociation entre décideurs et victimes des décisions favorise des choix politiquement efficaces à court terme, mais potentiellement désastreux à long terme.

Au final, les pressions exercées sur l’Ukraine apparaissent moins comme une véritable stratégie de paix que comme un calcul politique. Une paix durable ne peut être construite sans le consentement du peuple ukrainien, sans garanties de sécurité crédibles et sans respect du droit international. Sacrifier ces principes au nom d’un gain politique personnel revient non seulement à trahir l’Ukraine, mais aussi à fragiliser l’ordre européen. La paix ne devrait jamais être un trophée électoral.

* Cet essai a été rédigé avec l'aide de ChatGPT

mercredi 5 novembre 2025

(1/2) Médecins et gouvernement : la guerre des vertueux intéressés

* Cet essai a été rédigé avec l'aide de ChatGPT

Le conflit entre les médecins et le gouvernement n’est pas un accident, c’est un produit du système. Chacun agit rationnellement : le politicien veut des votes, le médecin veut des revenus, et le citoyen paie la facture sans savoir pourquoi.

Dans ce débat, le gouvernement aime se présenter comme le gardien des fonds publics, celui qui “protège” les contribuables contre les excès d’un corps professionnel jugé trop bien payé.

En imposant des cibles de performance et une loi spéciale, il veut prouver qu’il agit — peu importe si le système reste malade. L’important est d’avoir l’air déterminé. Ce n’est pas la santé du patient qui motive le gouvernement, mais la santé de la CAQ.

Les médecins, pour leur part, dénoncent l’ingérence bureaucratique, les cibles absurdes, les promesses creuses. Ils ont raison, mais ils défendent aussi un système qui leur garantit des revenus élevés et une autonomie quasi totale. Le discours sur “la qualité des soins” sert souvent de bouclier à un cartel médical qui protège ses privilèges.

Dans un réseau public où tout dépend d’eux, les médecins disposent d’un pouvoir de négociation immense. Ils sont à la fois indispensables et intouchables. Et dans un marché sans véritable concurrence, ils ont tout intérêt à préserver les importants privilèges dont ils disposent.

Entre les deux camps, le citoyen n’a qu’un rôle secondaire : celui du contribuable captif. Il finance le système sans comprendre ses mécanismes. L’ignorance du public n’est pas un défaut, c’est une donnée structurelle. Le citoyen moyen n’a ni le temps ni la capacité d’évaluer les conventions collectives ou les budgets du ministère.

Le véritable remède à cette maladie chronique n’est peut-être pas politique, ni même syndical. En effet, pendant que médecins et gouvernements se disputent les leviers du pouvoir, une autre révolution frappe à la porte du réseau de la santé : celle de l’intelligence artificielle.

Voir texte suivant : (2/2) Le conflit entre les médecins et Québec : négocier le passé, ignorer l’avenir