Article épinglé

dimanche 14 avril 2013

Justin Trudeau fera-t-il le poids?

La Presse, lundi 15 avril 2013, Débats, p.A 19 (aussi disponible sur La Presse.ca, La Presse Débats, dimanche 14 avril 2013).

D’après vous, l’élection de Justin Trudeau comme chef du Parti libéral du Canada est-elle une bonne nouvelle pour son parti, pour les Québécois, pour les Canadiens ? Fera-t-il le poids contre Stephen Harper et Thomas Mulcair ?
La politique spectacle

Le seul candidat a gagné. Les autres prétendants auront joué le rôle du figurant qui n’a jamais figuré. D’ailleurs, si ce n’était de Justin Trudeau, la course à la direction du PLC serait passée sous le radar des médias. En réalité, le nouveau chef du PLC a fait la démonstration qu’avoir des idées, et en maîtriser le contenu, ne sont plus des qualités requises pour accéder à la chefferie de son parti. Tout est maintenant une question d’image, une affaire de charisme. Il faut savoir séduire, être présent dans les médias et, surtout, ne pas avoir peur du ridicule : un combat de boxe vend davantage qu’un grand discours. Plusieurs s’attendent à ce que Justin Trudeau précise rapidement sa pensée politique. Je ne suis pas de ceux-là. De nos jours, on ne gagne pas ses élections, on les perd. En attendant que l’usure du pouvoir vienne à bout du gouvernement Harper, le nouveau chef du PLC va probablement s’en tenir à multiplier les apparitions dans les « talk-shows», tout en évitant de trop parler de politique, son talon d’Achille.

mardi 9 avril 2013

Quel héritage laisse Margaret Thatcher?

La Presse.ca, La Presse Débats, mardi 9 avril 2013.

Quelle image gardez-vous de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher? Croyez-vous qu’elle a laissé un héritage bénéfique pour la Grande-Bretagne? Aura-t-elle apporté une contribution positive sur la scène internationale?

Politicienne d’exception
Margaret Thatcher aura été une première ministre d’exception. Une politicienne fermement engagée à remettre un pays au bord du gouffre sur le chemin de la prospérité. Une femme de convictions qui, pendant onze ans, aura mis de l’avant des idées et des valeurs claires sans jamais y déroger. Une élue courageuse et inébranlable qui se refusait à céder à l’opinion publique et qui clamait haut et fort sa volonté de ne pas dévier de sa route. Une visionnaire dont les profondes réalisations, bien que fortement critiquées par l’opposition, auront survécu à son retrait de la politique. En somme, Margaret Thatcher aura été cette leader dont les Britanniques avaient besoin; celle qui aura aussi redonné espoir à tous ceux qui ne croyaient plus dans la politique et les politiciens. Aujourd’hui, plusieurs profitent de son décès pour dénoncer ses erreurs, ses manières brutales et les coûts sociaux du thatchérisme. Mais aucun de ces héros de la social-démocratie ne s’est donné l’effort d’imaginer ce que serait devenu le Royaume-Uni s’il n’y avait pas eu Margaret Thatcher.

jeudi 4 avril 2013

La Corée du Nord provoquera-t-elle une guerre?


La Presse, Débats, vendredi le 5 avril 2013. Aussi disponible sur La Presse.ca.
Selon vous, y a-t-il lieu de s’inquiéter des gestes répétés de provocation de la Corée du Nord à l’endroit de la Corée du Sud et des États-Unis ? Craignez-vous que l’escalade dégénère et se transforme en guerre nucléaire ? 

Restons aux aguets
D’un Kim Jong à l’autre, on semble maîtriser l’art de la provocation. Même si la Corée du Nord renvoie l’image d’un chihuahua qui jappe devant un pitbull, il y a toujours quelque chose d’inquiétant à voir un pays brandir l’arme nucléaire. Généralement, on estime que la course à l’armement nucléaire fait partie d’une stratégie de dissuasion : on s’en équipe non pas pour l’utiliser, mais pour dissuader l’adversaire de nous attaquer. L’idée étant qu’aucun pays ne l’utilisera au risque de s’exposer, à sont tour, à une réplique qui l’anéantira. En somme, la théorie de la dissuasion repose sur l’idée que les chefs des États détenteurs de l’arme nucléaire sont suffisamment intelligents et rationnels pour ne pas s’autodétruire. Pour l’instant, la Corée du Nord semble vouloir s’en tenir à cette guerre froide. Malgré des déclarations à l'emporte-pièce, ses dirigeants ont toujours évité d’outrepasser les limites de l’acceptable. Par contre, il faut toujours être aux aguets, comme le disait Kant, " le pouvoir corrompt inévitablement la raison".

mardi 2 avril 2013

Nomination justifiée de Gilles Duceppe?

La Presse.ca, La Presse Débats, mardi le 2 avril 2013.

Comment réagissez-vous à la décision du gouvernement Marois de nommer l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe à la tête de la Commission d’enquête sur l’assurance-emploi, dont les autres membres seront également des proches du Parti québécois ?
Les boulettes
Comme première femme aux commandes du Québec, Mme Marois était censée faire de la politique différemment. On en reparlera une prochaine fois. Pour l’instant, c’est la routine : on récompense les fidèles, on occupe Duceppe pour prévenir le putsch et on confie le crayon à des amis. En politique, vaut toujours mieux écrire les recommandations du rapport avant de commencer l’enquête. En réalité, ce qui m’étonnera toujours chez les politiciens, c’est leur conviction profonde que les électeurs sont des imbéciles. Comme si la nomination de l’ancien chef bloquiste à la tête de la Commission d’enquête sur l’assurance-emploi passerait comme lettre à la poste; comme si personne ne verrait que le gouvernement péquiste fait passer ses intérêts partisans devant ceux des citoyens. Même si un politicien reste un politicien, je m’attendais quand même à un gouvernement Marois plus subtil; à autre chose que des boulettes à chaque semaine. Dans le fond, ce n’est pas que je déteste les boulettes, c’est seulement qu’à la longue, je trouve ça indigeste.

mardi 26 mars 2013

Devrait-on autoriser les enfants des immigrants illégaux à fréquenter l'école au Québec?


La Presse, Débats, mercredi le 27 mars 2013, p. A28. (disponible sur La Presse.ca, La Presse Débats)

Devrait-on autoriser les enfants des immigrants illégaux à fréquenter l’école au Québec?
Ne pas avantager les clandestins
J’aimerais bien faire étalage de compassion et m’apitoyer sur le sort des immigrants illégaux, mais ma réponse est NON! Ce n’est pas que je sois contre l’immigration, au contraire. C’est seulement que je suis un partisan de l’insertion totale des immigrants; de ceux qui viennent chez nous avec l’idée de respecter nos lois et d’y travailler pour se tailler une place au soleil. Or, un pays comme le Canada ou une province comme le Québec n’ont pas à récompenser les nouveaux arrivants qui font fi des procédures d’immigration. C’est vrai que nos immigrants doivent parfois faire face à de longues périodes d’attente : il faudrait sans doute s’y attaquer. Toutefois, dans la mesure où le nombre d’immigrants qu’on accueille est limité, accepter les immigrants illégaux et leur reconnaître le droit à l’éducation équivaut à privilégier les clandestins au détriment de ceux qui respectent nos règles du jeu. Autoriser aujourd’hui les illégaux à fréquenter l’école, c’est les autoriser demain à bénéficier de l’aide sociale, des services de santé gratuits, des garderies subventionnées; des services payés par des contribuables qui, eux, respectent la loi. Avant d’ouvrir nos frontières aux immigrants illégaux, il faudrait peut-être se rappeler qu’un pays sans frontières et sans loi, ce n’est pas un pays.