Article épinglé

samedi 17 décembre 2011

Le salaire minimum est-il suffisant?


LaPresse.ca, La Presse débats, vendredi le 16 décembre 2011.
Le 1er mai prochain, le salaire minimum sera porté de 9,65 à 9,90 $ l’heure. Depuis 2003, il a augmenté de 35%, soit deux fois plus que le taux d’inflation durant cette période. Selon vous, le salaire minimum est-il raisonnable au Québec ?
L’illusion de la compassion
À l’approche des fêtes, il est de bon ton de se draper de compassion. Encore cette année, notre bon gouvernement décrète une hausse du salaire minimum. Le but? Aider les personnes à faible revenu à obtenir un niveau de vie décent. Je veux bien : personne n’est contre la vertu! Pour nombre d’économistes cependant, le salaire minimum n’est qu’illusion de compassion : il ne réduirait ni les inégalités salariales ni la pauvreté. En réalité, le salaire minimum, parce qu’il contraint à une rémunération supérieure à celle du libre marché, tue les emplois nécessitant peu de qualifications; des emplois qui sont souvent la seule possibilité de travail pour les personnes à faible revenu. Ce n’est pas en sciant le premier barreau de l'échelle de l'emploi qu’on aide les travailleurs peu qualifiés et les jeunes à se trouver une place sur le marché du travail. Si on désire vraiment aider les travailleurs à hausser leurs revenus, c’est en les incitant à faire l’acquisition de connaissances et de compétences recherchées sur le marché du travail qu’on y arrivera. C’est aussi en réduisant les impôts, taxes et tarifs de toutes sortes qui les empêchent de conserver le fruit de leur travail. Bref, il faudra bien un jour cesser de se gargariser de compassion par des hausses du salaire minimum. La vraie compassion, c’est de permettre au plus grand nombre d’intégrer le marché du travail pour y gagner sa vie et subvenir aux besoins de sa famille.

mercredi 14 décembre 2011

CAQ-ADQ: un couple compatible?

La Presse Débats, La Presse.ca, mardi le 14 décembre 2011.


La Coalition Avenir Québec risque-t-elle de nuire à sa cause auprès des Québécois en fusionnant avec l’ADQ ? Les programmes des deux partis sont-ils vraiment compatibles ?

La raison l'a emporté
Certains couples se marient par amour, d’autres par dépit. On appelle ça un mariage de raison. Pour Gérard, les années passaient et le pouvoir tardait à frapper à la porte. François, quant à lui, avait besoin de sécurité et de confort matériel. Après réflexion mutuelle, la raison l’a emporté. Il vient un temps où on doit oublier la passion et saisir l’opportunité. Ainsi, la gauche efficace a épousé une droite prônant la liberté et les responsabilités individuelles. Pour l’instant, le couple se montre serein, même si la compatibilité idéologique semble incertaine. À court terme, ils ont décidé de vivre un jour à la fois et de limiter les plans d’avenir. Ils ne seront ni fédéralistes, ni nationalistes, ni de droite, ni de gauche, mais de type autonomiste pragmatique. De toutes façons, si on en croit François, autonomisme rime avec nationalisme et pragmatisme avec… n’importe quoi.  En somme, le nouveau couple sera d’accord avec tout ce qui pourra maximiser ses chances de gagner les prochaines élections. Conformément aux enseignements de l’école des choix publics, la CAQ mise sur l’ambigüité afin de mieux exploiter l'ignorance et l'indifférence rationnelles des électeurs. Quant à la députation adéquiste, elle aura fait une éloquente démonstration que les politiciens sont d’abord et avant tout préoccupés par leur carrière politique. Comme le chantait Brassens : « Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente. »

lundi 12 décembre 2011

Daniel Paillé pourra-t-il sauver le Bloc?


La Presse Débats, Cyberpresse, lundi le 12 décembre 2012

Avec son nouveau chef Daniel Paillé, le Bloc québécois pourra-t-il se relever ? Le parti souverainiste a-t-il encore un avenir à Ottawa ?

Longue traversée du désert
Eh bien, Daniel Paillé ne manque pas d’enthousiasme! Hier, dans son discours de remerciement, il déclarait que «Le Bloc est toujours vivant » et que « personne ne peut arrêter notre marche vers notre réélection et vers la souveraineté ». Je ne voudrais pas faire mon rabat-joie, mais le Bloc ne pète quand même pas de santé. Quant à sa marche vers la souveraineté, elle s’apparente à une longue - voire une très longue - traversée du désert.

Avec quatre députés élus, peu de ressources financières et une visibilité réduite à la Chambre des communes, le Bloc doit nécessairement entreprendre un vaste processus de réflexion sur sa manière de faire de la politique. S’il aspire à retrouver son lustre d’antan, il devra notamment réinventer son « pitch de vente » de la souveraineté. Les Québécois sont de plus en plus nombreux à rejeter ce nationalisme qui cherche obstinément à nous imposer un État québécois toujours plus important, interventionniste et répressif.

Une lueur d’espoir pour Paillé? L’élection de mai aura purgé le Bloc de la plupart de ses politiciens professionnels dont l’agenda se limitait à nous répéter sans cesse le petit catéchisme du nationalisme québécois. Le défi? Réussir à contrôler la horde de « belles-mères » encroutées dans un nationalisme d’une autre époque.

jeudi 8 décembre 2011

De bonnes propositions du PQ?


La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 16 décembre 2011.
Le droit de vote à 16 ans. Des élections à date fixe. Des référendums déclenchés par la seule volonté des citoyens. Que pensez-vous de ces propositions qui seront soumises au conseil national du Parti québécois ?
Un beau débat en perspective!
Abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans aux élections provinciales et municipales. Voilà l’idée originale du PQ pour se sortir du marasme et, probablement, pour occuper nos ados. Considérant qu’à cet âge ils n’ont pas le loisir de fréquenter les bars ni de conduire sans leur maman, occupons-les en leur faisant choisir un pays ou les dirigeants de nos municipalités! Outre notre profonde incohérence sur la question de la maturité des jeunes, il reste que l’idée d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans n’est pas nouvelle : plusieurs pays, dont le Canada, ont déjà débattu de la mesure. L’idée de redonner confiance en nos institutions démocratiques est louable. Discuter du droit de vote à 16 ans, d’élections à date fixe et de référendums d’initiative populaire ne peut qu’être salutaire pour combattre le cynisme ambiant à l’égard de la classe politique québécoise. Ce qui m’inquiète, par contre, c’est qu’au moment où Pauline Marois présentait le cahier d’animation de son congrès de janvier, les députés Kotto et Blanchet traitaient les électeurs de Bonaventure d’ignorants et de troublés pour avoir voté Libéral à l’élection partielle de lundi. Hum... Pauline devra encore une fois redoubler d’ardeur pour réconcilier sa députation « démocrate » à la petite graine de dictateurs péquistes méprisants qui voudraient voter à la place des électeurs. Un beau débat en perspective!