Article épinglé

mardi 24 mai 2011

Abolir le financement public des partis?


La Presse Débats, cyberpresse, mardi le 24 mai 2011.
La Presse Débats: Êtes-vous d’accord avec la décision du gouvernement Harper d’abolir d’ici trois ans le financement public des partis politiques fédéraux ? Croyez-vous que la fin des allocations aux partis nuira au Parti libéral et au Bloc québécois, qui ont vu leur nombre de votes fondre aux dernières élections ?
Les partis fédéraux touchent environ 2 $ de financement public pour chaque vote récolté aux élections. Cette mesure a été introduite par le gouvernement Chrétien lors d’une refonte de la loi électorale en 2003. On cherchait alors à compenser les partis politiques pour un plafonnement des contributions individuelles et l’interdiction faite aux entreprises de contribuer aux caisses électorales. Tom Flanagan, de l’Université de Calgary, a estimé que ce financement public avait permis aux partis d’augmenter leurs revenus de 50 %. L’enjeu financier est donc de taille. Chez les partis d’opposition, on argumentera évidemment que le financement public favorise l’exercice démocratique et rend les partis moins tributaires des grandes entreprises et des citoyens plus fortunés. Ce qu’ils omettront de dire, c’est qu’ils bénéficient, outre ce financement public, d’importants crédits d’impôt et d’un remboursement de leurs dépenses électorales. Encore une fois, ce sont les impôts des citoyens qui font l’objet de la convoitise des politiciens. Jusqu’où peut-on favoriser la bureaucratisation des partis politiques? Jusqu’où peut-on forcer les contribuables à soutenir des partis dont ils ne partagent pas les idées? Obliger les politiciens à parcourir leur comté pour rencontrer des citoyens et leur quêter un peu d’argent n’est sûrement pas un exercice futile en démocratie.

mercredi 18 mai 2011

Amphithéâtre: faut-il interdire de contester?



La Presse, Forum, vendredi le 20 mai 2011, p. A21
La Presse Débats, cyberpresse, jeudi le 19 mai 2011.
L’Assemblée nationale devrait-elle adopter le projet de loi privé interdisant toute contestation judiciaire de l’entente entre la Ville de Québec et Quebecor sur la gestion du futur amphithéâtre ? Cette mesure exceptionnelle est-elle justifiée pour favoriser le retour d’une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec ?


Régis 1er ! 
Régis Labeaume ne respecte pas la loi, il fait la loi!  Combien de temps encore aurons-nous à supporter un maire qui monte à la tribune pour accuser un peu tout le monde de « grand talent », de farfelu, de stupide ou d’incompétent? Combien de temps aurons-nous à « subir » ce premier magistrat qui brandit la menace d’une mise en demeure à quiconque ose dénoncer ses façons de faire? Combien de temps devrons-nous endurer celui qui sollicite l’aide des élus provinciaux pour bâillonner les citoyens qui questionnent une entente conclue sous le couvert de la confidentialité pour la gestion d’un amphithéâtre qui engloutira 400 millions $ de fonds public? Quand? Lorsque nos élus provinciaux mettront leur « calculette à votes » de côté et cesseront de jouer les collabos de tous ces dictateurs qui veulent imposer leur loi aux citoyens. Des élus qui comprennent qu’ils sont d’abord là pour faire respecter la loi et non la faire. Heureusement qu’il y a Amir Khadir qui, pour les mauvaises raisons, peut nous épargner la dictature de Régis 1er. Entretemps, c’est Coluche qui a raison: « Si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire ».

vendredi 13 mai 2011

Désaffilier les enquêteurs de la CCQ?


 La Presse Débats, Cyberpresse, vendredi le 13 mai 2011
Pour s'assurer de leur intégrité et d'une parfaite étanchéité entre eux et le monde de la construction, le gouvernement Charest entend désaffilier les 250 syndiqués de la Commission de la construction du Québec qui ont des pouvoirs d’enquête. Furieuse, la FTQ estime qu’il s’agit d’une «attaque» de la présidente de la CCQ, Diane Lemieux, qui survient alors que la centrale syndicale a entrepris de contester le programme de vérification des antécédents des employés de la CCQ. D’après vous, qui a raison ?
Devoir de neutralité
Est-il acceptable que la FTQ jouisse, même en apparence, d’un certain pouvoir auprès de l’organisme responsable de réglementer l’industrie de la construction? Non! Est-il souhaitable que « la police de la construction», dont le mandat est de lutter contre le travail au noir et l’intimidation, soit sous le joug du plus gros syndicat de l’industrie? Non! Les inspecteurs de la CCQ ont un devoir de neutralité. C’est une condition essentielle à leur travail. Aussi, il est normal que la présidente de la CCQ cherche à rétablir la crédibilité de son organisme en imposant un code d'éthique à ses inspecteurs. Michel Arsenault aura beau crier sur toutes les tribunes que la décision de Diane Lemieux constitue un recul historique et une attaque sans précédent à la liberté d'association, tout ça n’est que du vent. En réalité, il cherche seulement à imposer les syndicats partout, et ce, sans discernement. Il n'existe pas d’obligation légale, ni morale, d'avoir des syndicats dans tous les organismes ou entreprises du Québec. Par contre, les inspecteurs ont encore le droit de conclure individuellement un contrat de travail avec la CCQ. Aussi, ceux qui sont mal à l’aise avec cette décision ont la liberté de démissionner. Cela dit, le véritable problème de la construction, ce n’est pas les syndicats, mais la réglementation et le contrôle étatique de cette industrie.

lundi 9 mai 2011

Que pensez-vous du Plan Nord?


La Presse Débats, Cyberpresse, lundi le 9 mai 2011.
Le gouvernement Charest vient de lancer en grande pompe le Plan Nord. En vertu de ce plan de développement du Nord québécois, le gouvernement prévoit des investissements de 80 milliards sur 25 ans dans l’exploitation des richesses naturelles du Nord. Êtes-vous favorable à cette initiative? Croyez-vous que les investissements prévus se concrétiseront ? Craignez-vous pour l’environnement de ces immenses territoires ?

Perdons le Nord ensemble
Partenariat, développement durable, lutte au réchauffement climatique, protection de l’environnement… la présentation de notre premier ministre ne manquait pas de candeur. Tout le monde convient que c’est beau les baleines, les paysages à l’infini, les rivières gigantesques. Mais que valent ces ressources sans subvention? Pas grand-chose, si on considère l’actuel développement du Nord québécois. En fait, le Plan Nord n’est qu’une illusion de politicien vertueux; une vision bureaucratique du développement qui ne s’appuie sur aucune base économique solide. Dans les années 1950, le développement minier était en plein essor et on considérait la Côte-Nord comme une terre promise. Les économistes du temps prédisaient qu’elle s’enrichirait de centaines de milliers d’habitants. La réalité, c’est qu’en 1980 on a fermé Schefferville et on a rasé Gagnon. Dans 25 ans, le Grand Nord comptera peut être plus de kilomètres d’asphalte, mais pas nécessairement plus d’emplois. Des routes et des aéroports qu’il faudra entretenir alors même qu’on est incapable d’entretenir les infrastructures existantes. En 2040, après avoir investi plus 80 milliards $, on devra peut-être, pour des raisons économiques, faire comme dans les années 1980 : tout détruire. Aujourd’hui, je me disais que le slogan du gouvernement n’aurait pas dû être « Faire le Nord ensemble » mais « Perdons le Nord ensemble »!

vendredi 6 mai 2011

Hystérie nutritionnelle


Le Journal de Québec, Lettre du jour, vendredi le 6 mai 2011, p.17 
La Presse, Hystérie nutritionnelle Forum, lundi le 9 mai 2011, p. A20 (disponible sur Cyberpresse)

La vente de chocolat au lait par les portes est maintenant interdite par le ministère de l'Éducation (MELS) : à moins qu’il ne contienne au moins 70% de cacao, nos enfants ne pourront plus vendre de chocolat pour financer leurs activités parascolaires. Dire que dans mon temps, la note de passage était de 50%. Ah! Le « régime » pédagogique!
Ne cherchez pas, cette nouvelle norme est sûrement dérivée d’études savantes cogitées par les technocrates du Ministère; des études beaucoup trop complexes pour nous, simples parents. Il semble que pour les « penseurs » de l’éducation, les parents sont des inconscients inaptes à discerner ce qui est bon ou mauvais pour leurs enfants. Surtout lorsqu’il s’agit de les nourrir!
Jusqu’ici on pouvait se conforter à l’idée que les tentacules bureaucratiques ne sortaient pas de la cour d’école, que la mission du Ministère se bornait à éduquer nos enfants. Ce n’est plus le cas! Voilà maintenant qu’on s’attaque au contenu de nos garde-mangers.
Au nom de la santé et de la lutte contre l’obésité, le MELS diabolise les frites, les boissons gazeuses, les desserts, les collations riches en matières grasses et tous les aliments dont le premier ingrédient est le sucre ou l’équivalent. Prohibée la divine poutine québécoise, à moins bien sûr qu’elle soit sans frites et … sans sauce. Ne mangeons que du P’tit Québec!

jeudi 5 mai 2011

Le cardinal Ouellet, le prochain pape?

La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 5 mai 2011

Le cardinal Marc Ouellet ferait partie des candidats les plus susceptibles d'être élu pape à la mort de Benoît XVI. Croyez-vous réellement en ses chances de succéder un jour à Benoît XVI? Selon vous, quel impact aurait son accession à la papauté sur la ferveur religieuse des Québécois?

Une figure influente
L’élection d’un nouveau pape s’apparente à une élection corporative. Les votants, un peu plus d’une centaine d’hommes – soi-disant guidés par l’Esprit Saint – choisissent alors celui qui deviendra chef de l’Église catholique romaine. Comme pour toute élection, ce seront les jeux d’influence, ici entre les diverses factions de cardinaux, qui permettront à un candidat de remporter cette « course à la chefferie ». Même si je ne suis pas dans le secret des dieux, je ne suis pas surpris que Mgr Ouellet, qui a passé une grande partie de sa carrière dans les coulisses du Vatican, soit considéré comme un prétendant sérieux à la succession de Benoît XVI. Cela dit, il reste que l'élection d’un nouveau pape a toujours été un événement médiatique d’envergure internationale. Les médias du monde y sont présents et des millions de fidèles suivent l’événement avec assiduité, attendant patiemment la sainte fumée blanche. Le pape, qu’on le veuille ou non, reste une figure influente de la politique internationale. Aussi, l’élection d’un des nôtres comme chef de l’État du Vatican constituerait un élément de fierté pour plusieurs et ne pourrait que stimuler la ferveur religieuse des Québécois, du moins chez les plus âgés. Rappelez-vous l’engouement suscité par la canonisation de frère André!

mardi 3 mai 2011

La fin du Bloc québécois?


La Presse Débats, Cyberpresse, mardi le 3 mai 2011.

L’effondrement du Bloc québécois aux élections fédérales et le départ de son chef Gilles Duceppe signifient-ils la fin du parti souverainiste à Ottawa ?

Longue traversée du désert
Ce week-end, Gilles Duceppe déclarait que, déconfiture ou pas, le Bloc Québécois demeurerait à Ottawa pour faire la promotion de la souveraineté du Québec. Trois jours plus tard, alors que son parti est pratiquement rayé du paysage politique et que lui-même s’est fait battre dans son comté, il annonce sa démission. C’est la politique! Hier soir, le Bloc a perdu son statut de parti officiel à la Chambre des communes. Pour les quatre prochaines années, il devra se contenter de quatre députés élus, de peu de ressources financières et d’une visibilité en chambre se limitant à une question aux deux semaines, et encore. Le Bloc n’est pas mort, mais aujourd’hui s’amorce une longue et difficile traversée du désert pour ce parti souverainiste. Alors qu’il proposait aux Québécois de garder vivant le débat constitutionnel sur la scène fédérale, ces derniers ont préféré un réalignement politique sur les questions gauche-droite. L’élection d’hier signifie donc la porte de sortie pour nombre de politiciens professionnels du Bloc. Ils seront remplacés par des néophytes du NPD qui auront quatre ans pour se révéler et, dans certains cas, pour mettre les pieds dans le comté où ils se sont fait élire. Hier, une forte majorité de Québécois ont peut-être tourné le dos au débat constitutionnel, mais ils ont aussi envoyé le message qu’il ne faut jamais prendre leurs votes pour acquis.

vendredi 29 avril 2011

Le tournant de la campagne?

La Presse Débats, Cyberpresse, vendredi le 29 avril 2011

À votre avis, quel a été le point tournant de la campagne électorale? Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette campagne ?

La montée inattendue du NPD
Comme je l’ai déjà mentionné, les électeurs sont victimes d’ignorance rationnelle. Ils consacrent peu de temps et dépensent peu d’énergie à éclairer leur décision de voter pour un parti plutôt qu’un autre. D’ailleurs, malgré l’engouement NPD, plusieurs analystes déplorent la méconnaissance des candidats et du programme de ce parti chez l’électorat. En réalité, pour s’informer, les électeurs s’en remettent la plupart du temps aux médias. À mon avis, le point tournant de la présente campagne électorale s’est produit à la suite du débat des chefs lorsque les médias ont dévoilé de manière spectaculaire, sinon dramatique, des résultats de sondage prédisant une montée inattendue du NPD dans les intentions de votes. Déçus par le discours usé et sans originalité des Libéraux et du Bloc, plusieurs électeurs, frileux à l’idée d’élire un gouvernement conservateur majoritaire, ont alors pris le train NPD sans trop se poser de questions. Cet effet de mode (Bandwagon) s’est répandu à l’échelle du pays, telle une vague de fond qui amena des milliers d’électeurs à aligner leur vote sur la saveur du jour. Le tout devrait se confirmer lundi, à moins qu’un revirement de dernière minute ne conduise certains électeurs à revenir vers des partis ou des personnalités en difficulté.

jeudi 28 avril 2011

Le NPD, opposition officielle?

La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 28 avril 2011.

Si les intentions de vote se confirment lundi, il est fort probable que le NPD délogera les Libéraux comme opposition officielle aux Communes. Ce sera alors la fin pour Michael Ignatieff et l’amorce d’une grande réflexion pour le PLC. Cette réflexion pourrait s’accélérer si la somme des sièges obtenus par le NPD et les Libéraux permet la constitution d’une majorité en chambre, et ce, sans l’appui du Bloc. On pourrait alors assister à un rapide ralliement des forces « progressistes » et à une fusion éventuelle de ces deux partis. Par contre, si la formation d’un gouvernement de coalition est techniquement envisageable, elle demeure peu vraisemblable. On semble plutôt se diriger vers un quatrième gouvernement minoritaire en sept ans. Sera-t-il plus stable que les précédents? Peut-être! Le PLC et le Bloc ont un long travail d’autocritique à faire avant de se présenter à nouveau devant l’électorat. D’autant plus que la population canadienne commence à en avoir assez de ces confrontations électorales mettant de l’avant des aspirants au pouvoir opportunistes et sans idées neuves. La mode NPD n’est pas qu’idéologique, elle est aussi un profond désaveu à l’endroit de ces bureaucrates de la politique dont la seule carte cachée aura été d’appeler à leurs secours des vestiges de l’autre siècle.

mardi 26 avril 2011

Vers un gouvernement majoritaire?


La Presse Débats, Cyberpresse, mardi le 26 avril 2011.
Question: Croyez-vous que les conservateurs feront élire un gouvernement majoritaire le 2 mai ? S’ils devaient y parvenir, le Québec risque-t-il de se retrouver isolé à Ottawa ?
L'ÉTAT-NONOU
Les nombreux sondages publiés depuis une semaine montrent que le Parti conservateur est en voie de former le prochain gouvernement. Sera-il majoritaire ou minoritaire? Il est encore trop tôt pour se prononcer. Tout dépendra de l’Ontario et de la Colombie Britannique. Comme la mode NPD semble se propager un peu partout au pays, elle pourrait priver les Conservateurs d’une majorité en chambre. Quant à savoir si le Québec se retrouvera isolé à Ottawa… probablement! Mais cette marginalisation n’a rien à voir avec la déconfiture du Bloc Québécois. Il faut cesser de croire que voter Bloc, c’est voter Québécois. Si les Québécois délaissent le Bloc au profit du NPD, c’est essentiellement parce que les valeurs identitaires les rejoignent de moins en moins. Toutefois, l’addition des intentions de vote à l’endroit du NPD et du Bloc annonce un Québec beaucoup plus à gauche que le reste du Canada. Les Québécois semblent disposés à délaisser le Bloc, mais ne seraient pas prêts à renier leur foi en l’État providence. On déboulonnera peut-être le mythe d’un Bloc défendant seul les intérêts du Québec à Ottawa, mais pas celui d’un État-Nounou veillant à notre bien-être.

Pour ou contre les gouvernements de coalition? Un faux débats!

La Presse, Forum, jeudi le 31 mars 2011, p.  (disponible sur cyberpresse)
Journal de Québec, Lettre du jour, mardi le 26 avril 2011, p.15

En ce début de campagne électorale fédérale, on discute sur toutes les tribunes de la légitimité d'un gouvernement de coalition. Pour plusieurs analystes, une éventuelle coalition du PLC, du Bloc et du NPD est un anachronisme favorisant l'appropriation du pouvoir par des factions non représentatives de la majorité des Canadiens. Bof! 

Il n'y a que les fanatiques de la démocratie pour croire qu'une forme déterminée de gouvernement est plus susceptible qu'une autre de promouvoir l'intérêt de l'ensemble des Canadiens. En réalité, il n'y aucune forme de gouvernement démocratique qui soit garante d'une telle efficacité gouvernementale.

jeudi 21 avril 2011

Pourquoi le NPD est-il populaire?


La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi 21 avril 2011.
Question de La Presse débats: Pour la première fois de son histoire, le NPD a pris les devants au Québec dans les intentions de vote. Êtes-vous surpris par sa rapide ascension? À quoi l’attribuez-vous? Se maintiendra-t-elle jusque dans l’isoloir le 2 mai? Pourquoi l’appui au Bloc québécois s’est-il tant effrité?
Pas vraiment surprenant
Le NPD est-il vraiment en avance dans les intentions de vote? Soyons prudent! Ce sondage CROP est non scientifique. Il s’agit d’une consultation menée par internet auprès d’un panel de répondants qui se sont invités eux-mêmes dans l’échantillon. Impossible, donc, de connaître la marge d’erreur de cette consultation non probabiliste. Cela dit, deux autres sondages publiés ce matin confirment la remontée du NPD sur le Bloc. Faut-il s’en surprendre? Pas vraiment! Ce sont deux partis qui se situent à gauche de l’échiquier politique; deux partis qui n’aspirent pas au pouvoir et qui, par conséquent, sont prêts à promettre n’importe quoi pour séduire les électeurs québécois. Profitant de la déroute libérale, Jack Layton et Gilles Duceppe ont cependant mené des campagnes électorales fort différentes. On a vu un Jack Layton courageux, positif et sympathique, face à un Gilles Duceppe présentant avec hargne un discours souverainiste usé à la corde, allant même jusqu’à se discréditer par des ajouts à la liste d’épicerie du maire Labeaume. Il est vrai qu’un NPD aux assises fragiles pourrait rencontrer des difficultés à sortir le vote le 2 mai. Par contre, on peut penser qu’il profitera de l’effet de mode (bandwagon) consécutif à ce sondage.

mercredi 20 avril 2011

Remplacer les élections par un tirage au sort!


Pierre Simard

Cette nuit, j’ai fait un rêve politique. J’ai rêvé de clérocratie, de lotocratie ou de sortition. Vous connaissez ces expressions? Elles font référence à un système politique où les représentants du peuple sont nommés par un tirage au sort. Confier les rênes de l’État à des citoyens dont le nom a été tiré d’un chapeau serait-il si dramatique que ça? Peut-être pas!

Voyez la scène! Par la « magie » du hasard, nos parlements offriraient une parité hommes-femmes et une représentation équitable de toutes les régions; tous les groupes sociaux y occuperaient une place correspondant à leur véritable poids dans la société. On mettrait fin, ainsi, à la mainmise sur l’État de ces grandes familles politiques infiltrées par les syndicats et corporations professionnelles.

lundi 18 avril 2011

Le PQ propulsé par son congrès?


 La Presse Débats, cyberpresse, lundi le 18 avril 2011.
Rien n'est moins sûr
Un double défi attendait Mme Marois ce weekend : galvaniser ses militants tout en évitant de s’aliéner le reste des Québécois. De toute évidence, elle aura su relever le premier des deux : l’appui de 93% de ses militants montre qu’elle a son parti bien en mains. Pour ce qui est de convaincre les Québécois d’adhérer à la plateforme péquiste, rien n’est moins sûr. Le PQ est demeuré fidèle à lui même. Il n’y a jamais rien de permis dans le monde péquiste. Tout doit être  obligatoire ou interdit : le cégep en français obligatoire, des cours obligatoires de francisation pour les immigrants, mais surtout pas question de permettre aux cégeps d’offrir aux étudiants qui le désirent une session d'immersion en anglais. Dans une province où une frange importante de l’électorat est de plus en plus sceptique face à l’omniprésence de l’État dans sa vie, où sont de plus en plus nombreux ceux qui en ont assez de toujours voir l’État décider à leur place, il est à se demander si le PQ ne vient pas de contribuer, encore une fois, à la désaffection politique des citoyens et à l’absentéisme électoral. À moins, évidemment, que ce congrès du PQ ne serve… l’ADQ

La parade du "quêteux"!


Journal de Québec, Lettre du jour, lundi le 18 avril 2011, p. 18
Chaque campagne électorale nous donne droit à la parade des «quêteux ». Parmi eux, il y a bien sûr le maire Labeaume. C’est l’occasion pour lui de transmettre sa liste d’épicerie aux gouvernements supérieurs. Il est devenu, au fil des ans, le leader canadien du quémandage gouvernemental. En vérité, au lieu de faire l’épicerie, il va à l’Armée du Salut.
Soyons honnête, ce n’est pas que le maire Labeaume soit différent des autres politiciens. Le problème, c’est qu’il est à la fois le meilleur et le pire de tous. Pour lui, l’argent public n’a pas d’odeur. Sa provenance est sans importance. Sa spécialité? Ramener dans son giron vos impôts fédéraux et provinciaux, auxquels il ajoutera un peu (ou beaucoup) de vos taxes municipales, pour mettre de l’avant ses propres projets.

jeudi 14 avril 2011

La SAQ équitable?


La Presse Débats, cyberpresse, jeudi le 14 avril 2011.

Une source d'appauvrissement
Pourquoi la SAQ vend-elle ses vins moins chers au États-Unis? Parce que si elle affichait les prix québécois sur les tablettes américaines, elle n’en vendrait tout simplement pas. Aux États-Unis, le marché du vin est concurrentiel, alors qu’ici, notre bon gouvernement préfère saigner les consommateurs en protégeant le monopole de la SAQ et en interdisant toute concurrence. Qui sont les gagnants? Nos politiciens, qui peuvent distribuer à leur guise les 867 millions de dollars de profit générés en 2010 par ce monopole d’État. Et c’est sans compter la rente dilapidée en cours de route en généreux bonis aux gestionnaires et en salaires démesurés aux syndiqués. Le monopole de la SAQ est, semble-t-il, un choix de société. Son mandat serait de contribuer à la richesse collective du Québec. En réalité, il contribue davantage à son appauvrissement. L’heureuse nouvelle, c’est que le Québécois saura dorénavant combien lui coûtent les réglementations abusives de nos gouvernements. Quand je pense qu’en plus, on ne m’offre même pas de sac pour transporter mes bouteilles… À sac la SAQ!*
Note: Cette expression a été empruntée d'un texte de Pierre Lemieux paru il y a quelques années dans Le Devoir.

mardi 12 avril 2011

Quel chef a remporté le premier débat?


La Presse, Stephen Harper solide, Forum, mercredi le 13 avril 2011, p. A31.
La Presse Débats, cyberpresse, mardi le 12 avril 2011. 

Aucun coup fatal
Comptabiliser les points marqués de part et d’autre ne sert à rien. On ne gagne pas un débat, on le perd. Et qui avait le plus à perdre? Stephen Harper. À la suite de ce débat, combien d’électeurs anglophones migreront du Parti conservateur vers le Bloc? Aucun. Vers Le NPD? Très peu. Vers les libéraux ? Hum…! Pour que ce premier débat puisse faire une différence chez l’électorat anglophone, il aurait fallu que le duel Ignatieff-Harper se solde par une mise hors de combat d’un des protagonistes. Ce ne fut pas le cas. On a vu un Stephen Harper, attaqué de toutes parts, garder son calme et donner l’image d’un premier ministre en contrôle. Difficile à démonter, il aura réussi à consolider ses acquis dans l’électorat. Michael Ignatieff aura été agressif par moment, mais trop souvent hésitant et terne dans ses répliques. Jack Layton, posé et  sympathique, aura surtout réussit à ébranler M. Ignatieff. Quant à Gilles Duceppe, il souffre d’un insurmontable déficit de crédibilité au Canada anglais. Pour tout dire, les vrais perdants sont tous les Canadiens : un débat ennuyant et sans aucun rebondissement. Heureusement qu’il y a du hockey jeudi!

vendredi 8 avril 2011

Auto électrique: objectif réaliste?

Pierre Simard
La Presse Débats, cyberpresse, vendredi 8 avril 2011.

Pour une poignée de convaincus
C’est pour compenser le coût prohibitif et les désavantages de ces voitures que le gouvernement est obligé de les subventionner. Même si le prix est un facteur déterminant dans l’achat d’un véhicule, ce n’est pas le seul aspect pris en considération par les consommateurs.

Pour l’instant, et vraisemblablement pour plusieurs années encore, ce type de véhicule comporte d’importantes limites en termes d’autonomie et d’utilisation. Peu de consommateurs ont la capacité ou la volonté de restreindre leurs déplacements, de se lancer à la recherche d’une borne de recharge et de sacrifier plusieurs heures à la dite recharge… même avec une subvention.

Si les consommateurs tendent peu à peu à intégrer les enjeux environnementaux lors de l’achat d’un véhicule, il reste que cette subvention n’a d’intérêt, pour l’instant, que pour une poignée de consommateurs convaincus des enjeux environnementaux. Ce n’est pas cette subvention qui permettra à ce marché d’accaparer 25 % des ventes de nouveaux véhicules au Québec. C’est plutôt le développement technologique, c’est-à-dire la capacité de l’industrie à produire des véhicules fiables, utiles, et ce, à un prix compétitif. En attendant, le gouvernement Charest se sert de l’argent des contribuables pour satisfaire quelques « verts » qui, de toutes façons, auraient privilégié ce type de véhicule avec ou sans subvention.

lundi 4 avril 2011

L'approche libérale est-elle bonne?


Pierre Simard
La Presse Débats, Cyberpresse, lundi le 4 avril.

LES ENTREPRISES PAIERONT-ELLE PLUS?
Augmenter l’impôt des entreprises pour financer différentes mesures sociales plaira sûrement à la gauche politique et aux syndicats. Le message du Parti Libéral est simple : nous ferons payer les riches entreprises. Paieront-elles vraiment plus? Ça dépend!

On le sait, les abris fiscaux et les subventions aux entreprises se chiffrent en milliards de dollars au Canada. Ce que le gouvernement prend dans une poche, il le remet aux entreprises de son choix par des subventions, des crédits d’impôt ou des privilèges de toutes sortes.

Évidemment, le Parti Libéral pourrait financer ses mesures sociales en réduisant la panoplie d’avantages accordés aux entreprises, ce qui permettrait de réduire les distorsions que ces privilèges engendrent sur les marchés. Pourquoi ne le propose-t-il pas? Parce qu’il n’y a rien de plus payant politiquement que de « débarquer » dans un comté avec un chèque, une garantie de prêt ou un contrat sans appel d’offres. Parlez-en aux dirigeants de la Davie Shipbuilding qui ont réussi à glaner 538 millions $ d’aide gouvernementale pour réaliser un contrat de 592 millions… contrat duquel il n’est sorti aucun bateau! Je parierais qu’ils s’en foutent, eux, de la promesse de M.Ignatieff.

jeudi 31 mars 2011

Quels débat des chefs?

Pierre Simard
La Presse Débats, Cyberpresse, jeudi le 31 mars 2011

Un duel sur les grands enjeux  
On sait que les citoyens sont généralement victimes d’ignorance rationnelle; qu’ils consacrent peu de temps et dépensent peu d’énergie à éclairer leur décision de voter pour un parti plutôt qu’un autre. Puisqu’ils savent que leur vote a peu de chance d’influencer le résultat électoral, ils ont tendance à minimiser leur investissement en recherche d’information politique. Pour s’informer, ils s’en remettent la plupart du temps aux médias. Aussi, le débat des chefs peut apporter une contribution significative à la démocratie s’il permet aux électeurs d’en connaître davantage sur les partis politiques et leurs programmes.

Si un débat classique réunissant tous les chefs peut sembler à prime abord plus démocratique que le duel, l’expérience nous a montré que cette formule incite les protagonistes à s’en tenir à des clichés et à des généralités. Dans cette perspective, un duel Harper/Ignatieff forcerait les seuls aspirants au pouvoir à étayer leurs positions sur les grands enjeux auxquels font face les Canadiens. Évidemment, quelle que soit la formule, tout ça n’est aussi que mascarade. Comme le disait Coluche : « Il y a des politiciens qui, pour briller en société, mangeraient du cirage. »




mardi 22 mars 2011

Réagissons... avant de n'avoir que "l'impôt sur les os"!

Pierre Simard
Journal de Québec, Opinion, mardi 22 mars 2011 p.17.
La Presse, Cyberpresse, vendredi 25 mars 2011.

Au Québec, le jour du budget s’assimile de plus en plus au jour du cochon… du cochon de contribuable. On parle évidemment de cet événement printanier où le ministre des Finances se travestit en champion de la « rationalisation » et nous présente un budget qui conduira inévitablement à un alourdissement du fardeau fiscal et de la dette.

Depuis deux ans, nous avons eu droit à une flopée de nouveaux impôts (taxes et tarifs). Malgré ces entrées de fond, les pouvoirs publics sont incapables d’équilibrer le budget. Comment contrer cette tentation perpétuelle des gouvernements de prélever toujours plus d’impôt et d’entretenir les déficits continuels? Présentement, il n’existe aucune disposition constitutionnelle ou de loi statutaire qui discipline nos élus. Le temps est peut-être venu d’imiter nos voisins américains et d’imposer des contraintes rigoureuses au pouvoir des parlements de taxer et de dépenser.

jeudi 17 mars 2011

Droits de scolarité: hausse justifiée?

Pierre Simard
La Presse Débats, cyberpresse, 17 mars 2011.

Responsabilisation des étudiants
Les études universitaires sont d’abord et avant tout un investissement privé. Le diplômé universitaire gagnera en moyenne un salaire beaucoup plus élevé que l'individu moyen. Est-ce normal de faire payer cet investissement par tous les contribuables? Est-ce normal de subventionner tous les étudiants, y compris ceux issus d’un milieu socioéconomique aisé? Non!

jeudi 10 mars 2011

Les bons et les mauvais politiciens!

Pierre Simard
Journal de Québec, 10 mars 2011, Lettre du jour, p.19.

Il existe deux catégories de politiciens : les « bons » et les « mauvais ». De toute évidence, les Québécois préfèrent les « mauvais ».

On le sait, le gouvernement ne crée pas de richesse, il la distribue. Aussi, le « bon » politicien s’assure que ses décisions rapportent plus qu’elles ne coûtent à la société. Il améliore le bien-être global de la société lorsque les avantages retirés par ceux qui profitent de ses largesses sont supérieurs aux pertes de ceux qui en paient la facture. À l’inverse, le « mauvais » politicien met de l’avant des politiques sans regarder à la dépense.

Le problème, voyez-vous, c’est que notre système politique nous conduit la plupart du temps à élire les « mauvais » politiciens plutôt que les « bons ». Je m’explique!

samedi 12 février 2011

Taxes: le choix du bourreau!

Pierre Simard
La Presse, Forum Plus, samedi le 12 février 2011, p.7 (disponible sur cyberpresse)
Le fisaclo-sceptique, Journal de Québec, lundi le 14 février, p.19

Le ministre Bachand en appelle à la solidarité de tous les Québécois. La souveraineté fiscale du Québec serait menacée par le gouvernement du Canada. Je ne sais pas si c’est pour faire diversion à l’approche du prochain budget, mais j’ai le sentiment que notre bon ministre des Finances tente d'exciter ma fibre nationaliste. Désolé, mais je ne vibre pas!

mercredi 19 janvier 2011

Le Québécois crétin

Pierre Simard
La Presse, Forum, mercredi le 19 janvier 2011, p. A21. (disponible sur Cyberpresse)
Le Journal de Québec: Crétin, crétinisme et crétinisation, Opinion, vendredi le 21 janvier 2011, p.17

Il n’y a pas si longtemps, avant la révolution tranquille, nos parents géraient leurs vies eux-mêmes et n’attendaient pas grand-chose du gouvernement. Le bon citoyen subvenait à ses besoins et à ceux de sa famille… tout simplement!

Le monde a bien changé. De nos jours, le bon citoyen est celui qui paie ses taxes et ses impôts sans rien dire. En réalité, chez les bien-pensants, on assimile le Québécois à un crétin.

samedi 8 janvier 2011

Les loups!

Pierre Simard
Journal de Québec, samedi le 8 janvier 2011, p.19
Journal de Montréal, mercredi le 12 janvier 2011, p.26

Ça y est, la période prébudgétaire est amorcée. Celle ou les syndicats, les corporations professionnelles et autres groupes d’intérêt se disputent la richesse des autres. La période des loups!

On peut diviser notre société en deux catégories : les producteurs de richesse (les travailleurs, les entrepreneurs) et les bénéficiaires de faveurs publiques. Désolé, mais les politiciens ne créent pas de richesse: ils ne font que redistribuer celle des citoyens. Et la perspective d’un budget, ça excite les prédateurs de fonds publics.

mardi 4 janvier 2011

Les professionnels de la compassion

Pierre Simard
Le journal de Québec, 4 janvier 2011, p.13
La Presse, Opinion, vendredi le 7 janvier, p.A15. (disponible sur Cyberpresse)

En ce début d’année, les professionnels de la compassion en profitent pour faire étalage de leur souci du bien commun. Invariablement, ils se «répandent» en solidarité. Le message est sans équivoque : il suffit de prélever toujours davantage des revenus des contribuables et de laisser les âmes attendries que sont les politiciens, chefs syndicaux et groupes d’intérêt promouvoir l’entraide entre citoyens.

Par un drôle de hasard, ces élans de compassion coïncident avec la préservation des privilèges aux syndiqués, aux artistes, aux agriculteurs, aux grandes entreprises, aux environnementalistes, aux amis du parti… voire au renflouement de la caisse de retraite des employés de la Ville de Montréal. La routine quoi!