Article épinglé

dimanche 4 juillet 2010

Le p’tit bonheur!

Pierre Simard
Journal de Québec, vendredi le 2 juillet 2010, p.17.

Au printemps, notre ministre des Finances clamait que la finalité de ses actions n’était pas d’équilibrer le budget mais que nous soyons heureux comme peuple. Il n’en fallait pas plus pour émoustiller la classe politique, chacun revendiquant le «Félix» du marchand de bonheur de l’année. Comme si la poursuite du p’tit bonheur n’avait pas de prix.

Quotidiennement, les Charest, Bachand, Labeaume, Tremblay se bousculent au portillon pour annoncer un TGV, un tramway, un aérotrain, des jeux olympiques, un amphithéâtre de hockey ou une subvention providentielle à une quelconque entreprise en difficulté. Le peuple entier est suspendu à leurs lèvres. Que serions-nous sans eux?

dimanche 30 mai 2010

Bombardier et la course aux faveurs!

Pierre Simard
Journal de Québec, vendredi 28 mai 2010, p.19.

«Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence» (Frédéric Bastiat)

Pour Bombardier, l’argent public n’a pas d’odeur. Alors qu’un manufacturier espagnol (CAF) promet une économie de 15 % à 20 % sur une facture de 3 milliards de dollars pour le renouvellement des voitures du métro de Montréal, le consortium Bombardier-Alstom investit dans la recherche de privilèges: lobbies politiques, propagande médiatique et recours aux tribunaux. L’enjeu est de taille : on parle d’un demi-milliard à soutirer des poches des contribuables!

vendredi 23 avril 2010

Corruption : la loi électorale au banc des accusés!

Pierre Simard
Journal de Québec, Corruption : la loi électorale au banc des accusés!, Opinion, 23 avril 2010, p.17
La Presse, "À la merci des petites mafias", Forum plus, 24 avril 2010, p.5.

Après le scandale des commandites, l’affaire Vision Montréal et les récentes révélations de l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare, notre loi électorale doit être mise au banc des accusés.

Si ces révélations ne nous ont pas permis d’identifier une grande mafia du financement politique, on peut néanmoins y flairer la présence de plusieurs organisations s’adonnant à des activités illicites et occultes.

En 1977, l’Assemblée nationale du Québec adoptait une loi régissant le financement électoral. On la disait une des plus rigoureuses au monde. Trente ans plus tard, on tente de colmater les brèches en renforçant toujours plus la législation.

jeudi 15 avril 2010

Vive la démocratie!

Pierre Simard
Le journal de Québec, Opinion, 15 avril 2010, p.19

Lorsque 50 000 citoyens descendent dans la rue pour dénoncer le budget du gouvernement, c’est signe que notre démocratie se porte bien. Évidemment, je ne parle pas ici de notre démocratie représentative. Je réfère à ce qu’on appelle la démocratie directe : celle ou les citoyens s’expriment directement sur les choix politiques.

En décembre 2008, malgré les leçons moralistes du Directeur général des élections et l’appel des politiciens, plus de 40% des citoyens renonçaient à leur droit de vote. À l’époque, les « clercs » de la démocratie en avaient profité pour dénoncer l’attitude désinvolte des citoyens à l’égard de l’exercice démocratique. On avait oublié que plusieurs d’entre eux s’était abstenus de voter pour ne pas légitimer un parti politique qui travaillerait éventuellement contre eux.

Ce dimanche, plusieurs citoyens ordinaires ont récupéré leur droit de vote. Plutôt que de s’exprimer par la voie des partis politiques, ils ont marché sur la Grande-Allée. Historique comme évènement? Certainement!

vendredi 9 avril 2010

Le budget de la servitude!

Pierre Simard
Journal de Québec, opinions, 9/04/2010, p.17.

À la lecture du récent budget, j’ai immédiatement pensé à « La route de la servitude » de Von Hayek. Dans son célèbre ouvrage, l'économiste autrichien explique comment l’État réussit à asservir les peuples en empiétant graduellement sur leurs libertés individuelles.

Qu’on le veuille ou non, la fiscalité influence grandement notre vie. Or, contrairement aux prétentions des analystes qui ont salué le courage historique de nos élus, ce budget met surtout en lumière l’emprise grandissante du gouvernement sur notre quotidien. En fait, si ce budget a quelque chose d’historique, c’est sûrement qu’il consacre la condescendance de l’État sur le citoyen-contribuable.

samedi 20 mars 2010

Oncle Sam à la rescousse

Pierre Simard
La Presse, samedi 20 mars, Forum Plus, p.5

Plus souvent qu’autrement, nous portons le fardeau des décisions inefficaces de nos gouvernements. Toutefois, nous avons le privilège d’habiter un pays frontalier des Etats-Unis et cette proximité nous protège souvent des décisions douteuses de nos propres pouvoirs publics.

La saga Dorval-Mirabel sur la localisation de l’aéroport de Montréal (ADM) illustre bien le phénomène. Depuis 40 ans, l’enchainement de décisions à « caractère politique » coûte cher aux Québécois. Certains estiment que les voyageurs québécois doivent parfois payer leur billet d’avion deux fois plus cher du seul fait de partir de l’aéroport Montréal-Trudeau.

Mais la fin de la récréation vient de sonner! Les Américains viennent à notre rescousse pour nous protéger des abus de NOS décideurs. Nous pouvons dorénavant compter sur Burlington et Plattsburgh pour échapper aux effets néfastes de plusieurs décennies de mauvaises décisions en matière de localisation et d’aménagement de l’aéroport de Montréal.

mardi 9 mars 2010

La productivité et la fonction publique

Germain Belzile pour l’Institut économique de Montréal
Journal de Québec, 9 mars 2010, p. 16

Depuis une vingtaine d’années, les pays développés cherchent à réformer les régimes d’emploi de leur administration publique afin de rendre celle-ci plus efficace et d’y introduire davantage de souplesse et de productivité, et ce, dans le contexte de modèles économiques variés, de la Suède à l’Australie.

De façon générale, le fait qu’il y ait peu d’incitations au rendement pour les employés du secteur public, que la sécurité d’emploi garantisse un poste permanent et que la règle de l’ancienneté ait préséance sur tous les autres critères d’évaluation aux fins de promotion d’un employé à l’intérieur de l’organisation, conduit à une sclérose du système qui mine son efficacité. La rigidité génère des effets pervers qui ne sont souhaités par personne.

samedi 6 mars 2010

L’industrie de la peur est en crise

Pierre Simard
Journal de Québec, Lettre du jour, 1 mars 2010, p.17
La Presse, Forum Plus, 6 mars 2010, p.7

La peur est la stratégie d’affaires de plusieurs gouvernements et groupes d’intérêts. On ne gère plus le risque : la moindre menace se transforme plutôt en catastrophe appréhendée. On s’est même donné une règle de gestion, celle du principe de précaution.

Ainsi, depuis vingt ans, les menaces de catastrophes planétaires se succèdent en rafale. Mais après le bogue de l’an 2000, la grippe aviaire, la grippe porcine, le réchauffement climatique et la grippe A (H1N1), la florissante industrie de la peur traverse une crise sans précédent.

mardi 2 février 2010

L’arracheur de dents!

Pierre Simard
Journal de Québec, Lettre du jour, 2 janvier 2010, p.17

Dans sa consultation prébudgétaire, le ministre Bachand invite les citoyens du Québec à se rendre sur le site Web du ministère des Finances sous l’onglet « Je donne mon opinion ». Vous y êtes? Résumons les questions...

jeudi 14 janvier 2010

L’auscultation d’une nouvelle idole : l’enfant-philosophe

Stéphane Delisle

Dans un récent article (Le Devoir, 7 janvier 2010), le politologue Christian Dufour frappe avec son marteau une nouvelle idole, celle de l’enfant-roi qui revêt le manteau de la philosophie. D’abord, je souligne son courage parce qu’il prend position sur une question fondamentale – celle de l’éducation des futurs citoyens cohabitant dans une Cité démocratique – en sachant très bien qu’il navigue à contre-courant. En effet, il faut être confiant pour écrire qu’à la lumière d’un premier diagnostic, l’idole en question sonne creux. Cependant, quelques remarques s’imposent.

jeudi 10 décembre 2009

La grande garderie!

Pierre Simard
La Presse, jeudi 10 décembre 2009,forum, Opinion p.A28
Le journal de Québec, jeudi le 10 décembre, lettre du jour, p.19

Chaque semaine nous apporte une nouvelle loi ou un nouveau règlement. La prise en charge publique des multiples dangers affligeant notre société ne cesse de s’étendre : la malbouffe, les piscines, les arnaqueurs financiers, etc. L’État, notre protecteur, est partout.

La dernière semaine n’aura pas fait exception. Nos gouvernements poursuivent leur croisade contre les automobilistes. Après le cellulaire, les pneus d’hiver, les radars photo, nous voilà maintenant avec le « .05 » et des vitesses réduites à 30 km/heure dans les rues.

De nos jours, la mécanique de l’intervention publique est facile à reconstituer. Ça commence par un incident, une statistique ou un fait divers. On confie alors à un organisme, un comité ou une table de concertation le mandat de nous protéger contre ce risque. Cet organisme élabore alors une série de recommandations débutant par la prévention et se terminant par le contrôle et la répression. Des recommandations que nos gouvernements appliqueront au fil du temps – et à des moments opportuns – pour faire diversion et éviter des enjeux politiques plus important.

jeudi 29 octobre 2009

Les dommages de la corruption

Pierre Simard
La Presse, Cyberpresse, Opinion, 30 octobre 2009
Le Soleil, Cyberpresse, Analyse, 02 novembre 2009

Corruption à la ville de Montréal, fraude électorale à la ville de Boisbriand, conflit d’intérêt au conseil des ministres, partisannerie sur les chèques de subvention, factures gargantuesques de bureaucrates. Il ne se passe guère une journée sans que l’intégrité de nos élus et de nos administrateurs publics soit mise en cause.

Pourtant, le Canada se classerait parmi les pays les moins corrompus de la planète, selon Transparency International. Cet organisme, qui définit la corruption comme l'abus d'une fonction publique à des fins d'enrichissement personnel, publie chaque année un indice de perception de la corruption (IPC). En 2008, le Canada se classait au 9ième rang des pays les plus propres au monde. Devrait-on de ce fait marginaliser les dangers de la corruption?