lundi 21 mars 2016

La fable de la fontaine


Le peuple est en liesse. La Normandeau est en route pour l’échafaud. La démocratie est sauve. Le chef se fait rassurant : nous travaillons pour le bien public. Quelle comédie!

Les dépenses publiques avoisinent 50 % du PIB. Un butin d’une centaine de milliards à redistribuer. Par qui? Des élus qui amassent des dons pour leur réélection. Mais ça n’a rien à voir.

Guidés par l’esprit du sacrifice, ils partagent le butin avec des initiés. Pourquoi se soumettrait-on au capitalisme et à sa concurrence quand on est riche d’entreprises et de groupes d’intérêt attentionnés?

Des milliards pour un avion, pour une cimenterie, pour des wagons de métro. On ne choisit plus, les gagnants sont connus d’avance. Les lauréats, le lauréat que dis-je, est plurivalent.

Le progrès et l’innovation? Inutiles! On a des organisations syndicales et des corporations soucieuses de leur monopole pour défendre nos acquis sociaux, leurs acquis, je ne sais plus. Qu’importe, elles sont toujours volontaires pour veiller au bien public.

L’important c’est d’être heureux comme peuple, lui a-t-on dit. Et le peuple est heureux.

Il sacrifie sa liberté économique au profit de sociétés d’État. Il se soumet à des milliers de règlements protectionnistes. Il fait des chaînes humaines pour améliorer les salaires syndiqués. Il se réjouit de la saisie d’un producteur acéricole pour protéger le monopole d’une fédération. Il prie à la coercition des libres entrepreneurs pour protéger le pactole de quelques propriétaires de permis de taxi.

Au Québec heureux, le citoyen endette ses enfants pour le plaisir d’autrui et renonce à la moitié de son salaire pour admirer ses samaritains s’abreuver à la fontaine des privilèges. Il est convaincu qu’à l’autel du modèle québécois, la corruption n’est qu’une erreur de parcours.