jeudi 28 janvier 2016

PKP et les enfers fiscaux




Pierre Karl Péladeau aurait fait appel à des paradis fiscaux pour faire prospérer Québecor. Et puis ? Milton Freidman ne disait-il pas que la responsabilité sociale d’une entreprise est de maximiser ses profits tout en respectant le cadre légal ?

Les champions de l’éthique et de la rectitude politique ne cessent de clamer que les paradis fiscaux, même légaux, vampirisent l’État. Bien sûr ! Mais ils devraient surtout ajouter qu’ils privent nos élus d’argent pour s’acheter des votes.

L’État redistribue ou investit avec incompétence l’argent puisé dans nos poches et dans celles des entreprises. On n’a qu’à suivre nos prétendus investissements collectifs dans des projets d’avions et d’éoliennes risqués et peu rentables pour se convaincre qu’il est beaucoup plus facile de dilapider la richesse des autres que de la créer.

Aussi, qu’une compagnie prospère comme Québecor ait réussi à se soustraire légalement des tentacules du fisc pour ensuite réinvestir ses profits au Québec et au Canada est paradoxalement favorable à notre économie. Qui sait si Québecor aurait pu soutenir son développement sans ces sommes économisées du fisc ?

Soyons honnêtes, ce sont les enfers fiscaux qui enfantent les paradis fiscaux. Si des contribuables paient des fiscalistes à grands frais pour faire voyager leurs avoirs avant de les ramener au pays, c’est qu’ils estiment que les impôts décrétés par nos gouvernements sont abusifs.

Aux yeux de l’économiste des choix publics, la concurrence fiscale est notre seul rempart contre des gouvernements cherchant constamment à nous en soutirer davantage. Sans la menace de voir les profits des entreprises et les revenus des particuliers fuir vers des contrées fiscales plus clémentes, qui sait jusqu’où l’État presserait le citron.

Plus on augmente les impôts, plus on encourage les contribuables à rivaliser d’ingéniosité pour y trouver des échappatoires. Il arrive même un moment où toute nouvelle hausse de taxes diminue les revenus de l’État. Pour contrer le phénomène, plusieurs pays ont revu leur politique fiscale de manière à alléger le fardeau des contribuables.

La plupart de ces réformes ont permis aux citoyens d’améliorer leur qualité de vie, aux entreprises d’accélérer leur développement et à l’État de maintenir, voire d’augmenter ses revenus. Tout simplement parce que l’allégement fiscal réduit l’appel aux échappatoires ; parce qu’il devient moins risqué et onéreux de payer des impôts raisonnables que d’investir dans la recherche de moyens d’y échapper.

Faire du Québec un paradis fiscal

Heureusement, combattre les paradis fiscaux est un exercice futile pour les États souverains. Le seul moyen réellement efficace de limiter leur utilisation, c’est de transformer le Québec en paradis fiscal.

Dans un Québec qui s’appauvrit dangereusement, nous n’avons pas besoin d’un PKP incarnant la vertu ; d’un politicien reniant son passé ou faisant diversion en accusant la famille Desmarais d’utiliser les mêmes stratagèmes d’affaires que lui. Seul l’homme d’affaires sensible aux abus fiscaux de l’État saura ramener le Québec sur le chemin de la prospérité.