mardi 24 mai 2011

Abolir le financement public des partis?


La Presse Débats, cyberpresse, mardi le 24 mai 2011.
La Presse Débats: Êtes-vous d’accord avec la décision du gouvernement Harper d’abolir d’ici trois ans le financement public des partis politiques fédéraux ? Croyez-vous que la fin des allocations aux partis nuira au Parti libéral et au Bloc québécois, qui ont vu leur nombre de votes fondre aux dernières élections ?
Les partis fédéraux touchent environ 2 $ de financement public pour chaque vote récolté aux élections. Cette mesure a été introduite par le gouvernement Chrétien lors d’une refonte de la loi électorale en 2003. On cherchait alors à compenser les partis politiques pour un plafonnement des contributions individuelles et l’interdiction faite aux entreprises de contribuer aux caisses électorales. Tom Flanagan, de l’Université de Calgary, a estimé que ce financement public avait permis aux partis d’augmenter leurs revenus de 50 %. L’enjeu financier est donc de taille. Chez les partis d’opposition, on argumentera évidemment que le financement public favorise l’exercice démocratique et rend les partis moins tributaires des grandes entreprises et des citoyens plus fortunés. Ce qu’ils omettront de dire, c’est qu’ils bénéficient, outre ce financement public, d’importants crédits d’impôt et d’un remboursement de leurs dépenses électorales. Encore une fois, ce sont les impôts des citoyens qui font l’objet de la convoitise des politiciens. Jusqu’où peut-on favoriser la bureaucratisation des partis politiques? Jusqu’où peut-on forcer les contribuables à soutenir des partis dont ils ne partagent pas les idées? Obliger les politiciens à parcourir leur comté pour rencontrer des citoyens et leur quêter un peu d’argent n’est sûrement pas un exercice futile en démocratie.