lundi 8 novembre 2010

Lettre à Michel Arsenault, président de la FTQ.

Monsieur Arsenault,

On ne se connaît pas personnellement, mais comme disait Gustave Le Bon, s’ignorer vaut parfois mieux que se connaître. Je tenais quand même à vous écrire pour vous parler de votre « concerto de gauche » avec Claudette, Réjean, Léo, François, Lucie, Gilles, Dominique, et Louis Philippe. Personnellement, j’ai trouvé que vous donniez un peu dans la fanfare mais... le « rétro » a sa clientèle.

Trêve de flatterie! Revenons-en aux animaux. Selon vous, sans les programmes sociaux nous ne serions pas mieux que des animaux. Je vous cite : « Ça, c’est la différence entre les êtres humains et les animaux. Les animaux, quand il y en a un qui vieillit, ils le laissent mourir et ils le mangent entre eux. ». Je me demande bien ce que Mgr Ouellet en penserait! Voilà maintenant que Dieu a créé les animaux et que c’est l’État et les syndicats qui en font des humains.

Entre nous, l’humanisation des animaux a bien servi les politiciens et les chefs syndicaux. Sous prétexte de les humaniser, vous les avez taxés et cotisés, sans retenue, pour étendre votre influence et vos pouvoirs. Évidemment, ça vous a permis de vous multiplier et d’acquérir une domination écrasante. Mais comme me disait ma mère, à trop jouer avec les animaux on en vient à puer des mains!

Je ne voudrais pas être impoli, mais vos méthodes ont laissé une forte odeur de tromperie et de manigance. À tel point qu’un vent de droite ragaillardit le troupeau. Votre malheur? Des citoyens qui réapprennent peu à peu les bienfaits de la liberté individuelle.

Imaginez, ils sont de plus en plus nombreux à s’affranchir de vos bontés. Ils envoient leurs enfants à la garderie et à l’école privées; se font soigner dans des cliniques privées; meurent dans des établissements privés. Vous en voulez encore? Les plus entrepreneurs d’entre eux se refusent à quémander des subventions et revendiquent l’abolition de vos cotisations syndicales obligatoires. Quand même pas mal pour des animaux!

Si j’étais vous, je redouterais le jour ou votre percepteur se fera répondre: « Allez vous faire foutre avec vos impôts et vos cotisations! Je ne vous ai rien demandé et je ne veux plus payer pour vos programmes d’humanisation qui m’appauvrissent et m'oppriment. »

À ce moment, je doute qu’une charmeuse de serpent réussisse à mettre au pas ces dizaines de milliers d’honnêtes contribuables qui en ont assez de vous engraisser. Vous devrez sans doute faire appel à vos légendaires fiers à bras pour dompter ces citoyens qui tablent sur leur responsabilité individuelle pour s’offrir des services de santé et d’éducation. Je vous fais confiance! Je sais que vous ne riez jamais avec les bienfaits de la coercition.

Vendredi dernier, vous réclamant de l’Alliance sociale, vous avez sonné une nouvelle alerte à la pandémie : la menace d’une intoxication de la population québécoise par les discours de droite. N’empêche, quand des chefs syndicaux de gauche pointent un doigt sur la droite, ils ne devraient jamais oublier qu'ils pointent aussi quatre doigts vers eux-mêmes.

Pierre Simard