samedi 6 mars 2010

L’industrie de la peur est en crise

Pierre Simard
Journal de Québec, Lettre du jour, 1 mars 2010, p.17
La Presse, Forum Plus, 6 mars 2010, p.7

La peur est la stratégie d’affaires de plusieurs gouvernements et groupes d’intérêts. On ne gère plus le risque : la moindre menace se transforme plutôt en catastrophe appréhendée. On s’est même donné une règle de gestion, celle du principe de précaution.

Ainsi, depuis vingt ans, les menaces de catastrophes planétaires se succèdent en rafale. Mais après le bogue de l’an 2000, la grippe aviaire, la grippe porcine, le réchauffement climatique et la grippe A (H1N1), la florissante industrie de la peur traverse une crise sans précédent.
La cascade informationnelle
Jusqu’à maintenant, le marché de la peur a généré des bénéfices considérables. Outre les retombées monétaires encaissées par les industries de toutes sortes, il a permis à des politiciens « précautionneux » de mettre sous tutelle des populations entières; de les manipuler et de les contrôler, si ce n’est de restreindre leurs libertés individuelles.

La stratégie est simple : elle s’appuie sur ce que les analystes des choix publics appellent la « cascade informationnelle ». On a tablé sur l’idée qu’il est rationnel pour les individus de relayer l’information véhiculée par les autres. Je m’explique. Puisqu’il est coûteux de s’informer et de faire ses propres recherches, le citoyen s’en remet généralement aux médias. La seule diffusion d’une information à la télé ou dans les journaux s’accompagne d’un gage de vérité. Contredire et même argumenter cette information devient une opération risquée! Ainsi, plutôt que de la contester et d’y laisser sa crédibilité, le citoyen préfère faire sien l’argumentaire qu’on lui présente sous un halo d’objectivité.

Or, avec le temps, le citoyen a réalisé une chose : si les médias sont particulièrement efficaces pour véhiculer des cataclysmes, ils sont généralement incompétents en matière scientifique. Ils ont trop souvent servi de relais aux scénarios catastrophes échafaudés par les alarmistes.

Une crise de confiance
Abusé, le citoyen est maintenant sceptique à l’endroit des politiciens et des groupes d’experts présentant des scénarios catastrophes qui défient le sens commun. Un peu partout à travers le monde, les sondages d’opinion mesurant la confiance des citoyens envers les thèses du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) montrent que les appuis sont en chute libre.

La dernière campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1) en a clairement fait la démonstration. Dans la plupart des pays Européens, le taux de vaccination n’a guère dépassé les 10 %, même si au Québec distinct il aura atteint les 57%. En bout de ligne, la catastrophe appréhendée n’a pas eu lieu. Il est question de 15 000 morts de par le monde, alors qu’une simple grippe tue entre 250 000 et 500 000 personnes annuellement.

Un marché en déclin

Aujourd’hui, l’OMS comme le GIEC ont à répondre de leurs abus. L’OMS doit se défendre devant le Conseil de l’Europe d’avoir créé, de concert avec l’industrie pharmaceutique, une fausse alerte à la pandémie. Le GIEC, lui, subit les contrecoups du Climategate. Il n’en finit plus de défendre ses prévisions alarmistes sur la fonte de l’Himalaya, la forêt amazonienne, les hausses de la température globale, le retrait des glaces du Kilimandjaro.

Bref, le marché de la peur est en crise. Occupés à se justifier, les géants de l’industrie ont ralenti leur cadence de production des catastrophes appréhendées. Néanmoins, une autre menace, non moins réelle, se profile à l’horizon. L’idée que nos gouvernements pourraient s’unir pour mettre place un « plan de sauvetage » de l’industrie de la peur m’inquiète au plus au point. La croisade chevaleresque menée par le premier ministre Charest et la ministre Line Beauchamp est, pour ainsi dire, terrifiante!


L’industrie de la peur est en crise

Le Journal de Quebec
01 mars 2010

Ainsi, depuis vingt ans, les menaces de catastrophes planétaires se succèdent en rafale. Mais après le bogue de l’an 2000, la grippe aviaire, la grippe porcine, le réchauffement climatique et la grippe A (H1N1), la florissante industrie de la peur...lisez plus...